Header Social Gones
OL-Lille (1-2) : le syndrome « moule-frite »
02DEC

OL-Lille (1-2) : le syndrome « moule-frite »

Alors que la logique de cette 15e journée appelait une balade des Lyonnais, inarrêtables depuis un mois et demi, le dieu Football a rappelé à chacun qu’il ne boudait pas son plaisir à rebattre les cartes de temps en temps. Et comme par le passé avec un LOSC aux abois, c’est l’OL qui en a fait les frais.

Au coup d’envoi, on ne pouvait presque pas concevoir opposition plus déséquilibrée : l’OL restait sur une série de 12 matchs sans défaite TCC et de 7 sans prendre le moindre but, se hissant dimanche dernier à la place de dauphin derrière le requin parisien, tandis que les Nordistes, relégables, venaient non seulement de perdre leur emblématique et insondable coach, Marcelo Bielsa, remercié quelques jours plus tôt, mais devaient en plus composer avec les rumeurs les plus inquiétantes sur l’avenir du club et les soucis bancaires de leur Franco-Luxembourgeois de président.

Qu’à cela ne tienne. Dans une énième resucée de David contre Goliath, les Dogues, disposés en 5-3-2, se présentaient sur la pelouse du Groupama Stadium le mors aux dents, n’ayant plus rien à perdre que les lambeaux d’honneur qui leur restaient sur le dos après deux défaites consécutives sur le score de 3-0, à Amiens puis Montpellier. Dès l’entame, les hommes de Joao Sacramento montraient les crocs, jouaient haut, embêtaient les locaux sur chaque prise de balle. Attention, chiens méchants. Prise à la gorge, la meute lyonnaise, si assoiffée de buts dernièrement, n’affichait pas une grande volonté de se faire violence, et c’est presque sans surprise que Thiago Mendes, de retour sur le pré et omniprésent ce mercredi soir, ouvrait la marque dans un fauteuil du pied gauche à la 21e, figeant pour l’éternité à 672 minutes TCC (528 min en L1) l’invincibilité d’Anthony Lopes (0-1).

 

OL-Lille (1-2) : le syndrome « moule-frite »

Poussifs, les Gones allaient continuer de tenter de faire le jeu sans plus de succès, cherchant la clé de leur art comme un apprenti le ferait de l’ouvrage d’un maître. Étincelants à Nice, impitoyables à St-Étienne, fringants face à Limassol, les Fekir, Aouar et autre Memphis ronronnaient leur football, pour dire le moins, et il fallut l’intervention bien involontaire de M. Miguelgorry, contrant un dégagement lillois, pour remettre la bande à BG dans le bon sens. Héritier du ballon, Ndombélé – à peu près le seul au niveau côté rhodanien – centrait pour Mariano qui, devançant la sortie du portier lillois, claquait l’égalisation d’un bon coup de casque (1-1, 36e).

 

Las ! dans la foulée, Malcuit profitait d’un violent roupillon de la doublette Mendy-Depay pour ajuster un centre aux petits oignons en direction de Ponce, lequel décroisait sa tête pour le but du 1-2 (40e).

Je ne te jette pas la pierre, Pierre, mais là, j’étais vraiment à deux doigts de m’agacer...

 Parfaitement en place et autrement déterminés que l’escouade lyonnaise, les Lillois regagnaient les vestiaires avec ce qui serait le score final. Mais personne ne le savait encore. Personne n’imaginait qu’à la reprise, avec Marçal en lieu et place du fantomatique Mendy (coupable sur les deux buts, bien que Rafael fût tout aussi pitoyable sur le flanc droit), et le « virevoltant » Cornet pour suppléer Ndombélé, touché, ce Lyon, mené pour la première fois de la saison à la pause et dont on faisait les louanges depuis des semaines, allait perdre sur son terrain. C’est pourtant ce qu’il advint. Sans son piston Tanguy dans l’entrejeu, l’OL ramait plus qu’il ne récitait son football, et si Maxwell Cornet obtenait un penalty à la 56e, Nabil Fekir, à côté de ses crampons en cette triste soirée de novembre, trouvait le moyen de le rater, la faute à un Maignan dont la réussite ne faisait encore que pointer le bout de ton vilain nez crochu.

 Dans la dernière demi-heure, en effet, les Lyonnais allaient multiplier les occasions au point de faire pleuvoir des hallebardes de cuir (!) sur la cage du gardien guyanais. De 6-5 pour la première période, le nombre de tirs passait à 23-7 au profit de l’OL en fin de rencontre. Ezequiel Ponce essayait bien de mettre les siens à l’abri (but hors-jeu à la 61e, centre dangereux non converti par Mendes la 64e), plus le chrono tournait, plus l’essentiel des hostilités se déroulait à l’autre bout du rectangle vert. « FMD », notamment – le nouveau trio d’attaquants à la mode en Europe – harcelait Maignan de pléthore de ballons chauds, transformant sa surface en friteuse ardente. En vain ! Tantôt sauvé par une jambe amie ou par sa barre, quand il ne brillait pas par lui-même, le portier affichait une baraka à toute épreuve, une « moule » de la taille d’un Godzilla. Devant une telle réussite – ou une telle maladresse des attaquants lyonnais – le sort en était jeté, et le score arrêté.

Ainsi en va-t-il du dieu Football qu’à la moindre faiblesse, aux moindres errements dans les vapeurs d’une gloriole éphémère, il vous reprend promptement d’une main ce qu’il vous avait donné de l’autre. Si cet OL casse la baraque en contre-attaque, il a toutes les peines du monde à faire le jeu, à domicile ou ailleurs. Martyriser l’adversaire par une possession étouffante, ce n’est de toute façon pas le plan de jeu de Bruno Genesio, ni le projet de la saison. Tout le monde avait oublié de s’en plaindre ces dernières semaines, et pour cause. Il faut savoir ce qu’on veut. Ce mercredi, les Lillois savaient.

Suivez-nous sur Facebook