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OL-Monaco (3-2) : Against all odds
14OCT

OL-Monaco (3-2) : Against all odds

Une Journée 9 sous haute tension pour un Génésio de plus en plus menacé et copieusement sifflé avant même le coup d’envoi !

Retour de la L1 ce soir après une trêve internationale qui a vu la France décrocher péniblement – et sans Fekir :) – son billet pour le mondial russe de l'an prochain. Une J9 sous haute tension pour un Genesio de plus en plus menacé et copieusement sifflé avant même le coup d’envoi.

 

C’est avec un dispositif identique en 4-2-3-1 que Lyonnais et Monégasques se présentent sur la pelouse. Si les joueurs du Rocher sont amputés de plusieurs cadres comme Falcao et Fabinho, ainsi que du prodige décinois Rachid Ghezzal, boudé par Jardim, les Gones sont à peine mieux lotis en défense où la charnière Mapou-Diakhaby est inédite cette saison. Le reste de l’escouade est toutefois conforme aux dernières sorties rhodaniennes avec notamment Aouar, préféré à Memphis sur l'aile gauche. Au sifflet, M. Bastien s'apprête à jouer de la gâchette.

 

Si les cinq premières minutes sont clairement monégasques, les Lyonnais, jusque-là attentistes, portent la première estocade à la 6e : sur un corner de Fekir, Tousart place sa tête mais le poteau de Subasic repousse. Le ton du match est donné. Une chose frappe dès ce tour de chauffe : l’aisance d’un joueur, Houssem Aouar, superbe de technique, d’élégance, de vista. Bref, de ce que devrait toujours être le football. Trois minutes après avoir heurté le cadre, l’OL récidive par Mariano qui, pressant Subasic, tacle avidement le ballon qui s’écrase cette fois sur le montant droit. Qu’à cela ne tienne. Très en jambe, Nabil Fekir centre en force le long du but monégasque et Mariano pousse au fond ! (1-0) On joue la 11e minute et l’Olympique Lyonnais vient d’ouvrir le score, une habitude cette saison.

 

L’autre habitude, c’est de se faire rejoindre, et cette règle têtue quoique non écrite se confirme à la 17e : sur une belle passe en profondeur de Baldé, Rony Lopes s’échappe et trompe son homonyme lyonnais sur sa droite (1-1). Peu de temps morts dans ce match ouvert, au rythme endiablé, où les attaquants jouent aux chats avec les souris de chacune des défenses adverses. L’OL confirme cependant son emprise et si Ndombélé voit le portier de l’ASM arrêter le ballon en deux temps sur sa frappe lointaine (21e), l’enchaînement qu’il lance deux minutes plus tard sera couronné de succès. Aouar, Mariano, puis Mendy se trouvent en une touche avant que Fekir ne trompe Subasic d’un contre-pied parfait (2-1). Une poignée de minutes plus tard, Mariano décoche une frappe en pivot que contre la main de Glick dans la surface, mais M. Bastien ne siffle pas.

 

À la demi-heure de jeu, le momentum lyonnais reste d'actualité, à l'image de cette lourde frappe de Tete repoussée par Subasic (30e). Seul Traoré nous laisse sur notre faim offensivement. Il n’y est pas. Derrière, Mapou fera du Mapou tout au long du match, entre fautes bêtes et approximations. À son crédit, il n’a pas joué depuis longtemps avec ses camarades. À son débit, même s’il avait joué, on n’est pas sûr que cela aurait changé quelque chose. Les tergiversations de l'arrière-garde de l’OL conduisent d'ailleurs là où elles devaient conduire : à la 34e, suite à un coup franc de Moutinho, Anthony Lopes se signale d’une superbe envolée sur sa gauche pour priver Baldé d’un but de la tête, mais dans la continuité de l’action, une énorme frappe du même Baldé va se loger sous la barre du Lyonnais bondissant (2-2).

 

Ce premier acte où l’on a cherché à se rendre coup pour coup, mais à l'issue duquel l'OL ne mène qu’aux points à défaut de le faire au tableau d'affichage, s'achève sur le premier carton jaune de la partie : Fekir est averti pour contestation. L’ancien Sanpriot a pourtant toutes les raisons de contester. Contester le sort qui s’acharne, contester ce score de parité relativement injuste, contester la fébrilité chronique de sa défense. L’Olympique Lyonnais a mené (2 fois) et s’est fait rejoindre (2 fois). Une bonne synthèse de ce début de saison placé sous le signe de la frustration. Dominé, Monaco a su être réaliste.

OL-Monaco (3-2) : Against all odds

L’acte II débute comme le premier s’est terminé : par un carton jaune pour contestation, cette fois à l’adresse du gardien de l’OL. Jardim semble avoir demandé à ses hommes de jouer plus haut et le jeu des Lyonnais s'en ressent. À la 56e, énorme double occasion pour l’ASM : Anthony Lopes repousse d’abord un ballon aérien dangereux, avant que Baldé ne frappe de près, fort heureusement sur Diakhaby qui détourne la sphère. Le jeune géant est à créditer d’un bonne prestation pour un match de reprise. Si ses hésitations le pénalisent encore parfois, elles semblent moins handicapantes pour l’équipe que celles de son binôme.

 

Tandis que Memphis remplace un très discret Bertrand Traoré à la 60e, l’inversion de tendance se confirme. À la 63e, les rouge-et-blanc se procurent encore une grosse occasion par Adama Traoré qui, tout seul à réception d'un centre, trouve le moyen de tirer à côté du but lyonnais. Le tournant du match ? Peut-être bien. Dans la foulée, Rony Lopes frappe côté droit mais son ballon, dévié par un Gone, s’en va tutoyer le cadre. Piqués au vif, les Gones remettent le bleu de chauffe : sur un centre en retrait de Fekir, Mariano reprend du plat du pied mais Subasic repousse in extremis de la jambe gauche (67e). Quatre minutes plus tard, le Dominicain, très en verve ce soir, tout comme la paire Tousart-Ndombélé, profite d’un CF plein axe obtenu par notre Nabil national pour expédier un missile sur le poteau monégasque. Dès lors, l’OL pousse mais ne se crée que des demi-occasions tandis que les joueurs du Rocher restent dangereux en contre.

 

Bruno Genesio, qui collectionne les matchs nuls (6 en 8 matchs TCC) et dont la tête approche lentement mais sûrement du billot, entend rafler la mise. Si bien que Maolida remplace Ndombélé à la 80e au risque de déséquilibrer l’entrejeu. Toujours fringuant aux avants postes mais parfois en délicatesse derrière, Mendy cède sa place à Marçal à la 84e. L’ex-Guingampais fera hélas une entrée plus que moyenne. C’est le moment que choisit Anthony Lopes pour pimenter la fin de match par une relance directe sur un Monégasque ! Par bonheur, l’heureux élu a la bonne idée de ne pas frapper tout de suite au but des 40 mètres et l’international portugais s’en tire, comme le public du Groupama Stadium, avec une grosse frayeur.

 

Lorsque, à la 89e, Fekir reprend de volée une passe axiale de Mariano et trompe à nouveau Subasic en « exploitant » une position de hors jeu très limite que le corps arbitral signale, on se dit que l’histoire va encore bégayer. C’est la logique du moment, implacable. L’OL est en passe de signer un 5e match nul en 9 journées de Ligue 1, l’OL n’avance plus, l’OL se rapproche inexorablement du ventre mou, et Genesio de la porte. On joue le temps additionnel. Ultime ballon. Fekir part seul, efface un adversaire. Un deuxième l’accroche. Bastien fait trembler la bille de son sifflet une dernière fois. Coup franc. Celui qui a caressé ses premiers cuirs à l’AS Tonkin de Villeurbanne veut se faire justice. Le capitaine du navire, ce navire qui tangue, qui frôle le naufrage, c’est lui. Le temps additionnel est dépassé de 45 secondes quand il s’élance. Le ballon ne s’envole pas. Il file près du sol, téléguidé, comme un missile rase les flots. Subasic l’attend de l’autre côté. C’est la logique du geste. Fekir s’en fout. Fekir veut marquer, et il marque. Improbable. Fou. Indécent. Le stade exulte. L’OL contredit la logique du temps. L’OL envoie valser la fatalité et prend les 3 points. Ce n’était plus arrivé depuis le 10 septembre et une victoire tirée par les cheveux face à l’EAG

Phil Collins l’a chanté, cet improbable, cet irréalisable : 

Contre tout attente. Une complainte aux accents amoureux. Ce soir, Lyon aime Nabil, et le foot l’aime aussi. Parce que Nabil, c’est le foot qu’on aime. Après le match, le président Jean-Michel Aulas évoquera la banderole du virage sud (« Médiocrité récurrente, autosatisfaction permanente : c'est devenu ça, l'OL ? ») en disant qu’elle « n’était pas là au bon moment ». Il ne dit pas qu’elle était déplacée, hors de propos. Preuve, s’il en fallait une, que l’avenir de Genesio tient à un fil. Ce fil, son sauveur à la formidable patte gauche vient de lui donner un peu plus d’épaisseur. Avec ce but au bout du bout, Fekir s’inscrit dans l’héritage d’un Benzema ou d’un Briand, messies de la dernière heure contre les Verts. Ce soir, ce n’était que Monaco, que le champion de France, alors on s’en contentera. Collins a aussi chanté :

Oui, il y a des soirs comme ça....

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