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Rémi Garde, un passionné du jeu
17NOV

Rémi Garde, un passionné du jeu

Récemment nommé « entraîneur-chef » de Montréal, Rémi Garde est une figure emblématique de l’OL par son parcours exemplaire et son amour du club qui l’a vu grandir.

Son parcours

 

Rémi Garde voit le jour le 3 avril 1966 du côté de L’Arbresle, non loin de la capitale des Gaules. Le football, ce rejeton d’une famille de supporters lyonnais résistant à la popularité croissante du voisin stéphanois au cours des années 1970 tombe dedans quand il est petit. Le jeune Rémi est donc prédestiné à franchir la porte du club olympien, ce qu’il fait en entrant au centre de formation alors qu’il est encore adolescent. En difficulté et plongé dans les méandres de la Deuxième division, l’OL frôle le dépôt de bilan et est sauvé par le jeune entrepreneur qu’est alors Jean-Michel Aulas. Accompagné de Bernard Lacombe et de Raymond Domenech, « JMA » insuffle une nouvelle dynamique avec son projet « OL Europe » dont les jeunes font partie intégrante.

 C’est dans ce contexte que Garde s’installe dans l’effectif rhodanien jusqu’à en devenir un élément incontournable. Lors de la saison 1988-1989, le milieu de terrain à vocation défensive dispute ainsi 31 matchs, inscrit 6 buts et participe grandement au retour de l’OL parmi l’élite. En compagnie des deux Bruno, Genesio et N’Gotty, il symbolise une nouvelle génération de joueurs formés au club qui découvre même la Coupe d’Europe dès 1991. Rémi Garde est d’ailleurs le premier buteur européen de l’ère Jean-Michel Aulas, face aux modestes suédois d’Östers Växjö. « Rémi Garde qui marque le premier but européen de cet OL nouvelle génération, c’est un vrai symbole », confirme le portier Gilles Rousset après la rencontre.

 

Après plusieurs saisons disputées en tant que capitaine et favori des supporters, celui qui reste l’un des nombreux numéros 14 emblématiques de l’OL (non, Mouhamadou Dabo n’en fait pas partie...) quitte l’OL et rejoint le Racing Club de Strasbourg afin d’y écrire une nouvelle page de sa carrière. Après trois saisons au sein du club alsacien, Rémi Garde traverse la Manche et débarque à Londres chez les Gunners d’un certain Arsène Wenger. Si les blessures et autres pépins l’empêchent d’enchainer des saisons pleines, il contribue au doublé FA Cup/Premier League de 1998 et devient même le premier capitaine étranger du club londonien. En 1999 il met un terme à sa riche carrière qui l’aura vu revêtir à 6 reprises le maillot bleu et être sélectionné pour disputer l’Euro 1992 en Suède.

 Dès 2003, la cité gallo-romaine lui manquant trop, il décide de revenir entre Rhône et Saône pour intégrer le staff technique de Paul Le Guen. Il assiste donc, de l’intérieur, à la période dorée de son club formateur en apprenant aux côtés de techniciens chevronnés tels que Gérard Houllier. À l’aube d’une nouvelle décennie, l’OL lui offre un poste à la hauteur de ses compétences : il devient le directeur du prestigieux centre de formation lyonnais. De 2010 à juin 2011, il côtoie ainsi joueurs et éducateurs, et poursuit une formation censée le conduire au poste suprême.

Philosophie et influences

 

Rémi Garde, un passionné du jeu

Profondément marqué par la formation à la lyonnaise et ses valeurs, inculquées par des éducateurs comme José Broissart, Rémi Garde a toujours vanté les mérites d’un football offensif et plaisant fait de possession et de mouvements collectifs.

 En tant que joueur, Garde a eu la chance d’évoluer sous les ordres d’Arsène Wenger, réputé pour proposer avec Arsenal l’un des jeux les plus agréables de Grande-Bretagne, voire d’Europe, et ce pendant près de deux décennies. Dans un hors-série du Progrès de 2012, Garde parle de l’Alsacien en des termes mélioratifs : « Les méthodes et la personnalité d’Arsène m’ont imprégné. C’est celui aussi dont le caractère réservé est le plus proche du mien. J’ai été marqué par sa capacité d’analyse extrêmement rapide ». Mais outre l’ex-technicien de l’AS Monaco, c’est Raymond Domenech qui façonne le footballeur arbreslois. Dans les lignes de Champions, celui qui est à l’époque adjoint de Gérard Houllier fait l’éloge des qualités de meneur et de formateur de l’ex-homme à la moustache qui l’a lancé en pro et qui a ramené l’OL sur le devant de la scène.

 Le néo-Montréalais « aime les gens altruistes » et fait du collectif et des relations humaines une priorité. Des principes extrêmement importants dans les premières années du footballeur et indispensables pour tout formateur. Ces valeurs, ajoutées à celles de l’exigence et du dépassement de soi, semblent qualifier le personnage de José Broissart, premier mentor de Garde pendant cinq années. Footballistiquement parlant, on peut noter aussi l’influence de Gilbert Gress, adepte du beau football, ainsi que des années « titres » de l’OL au cours desquelles le 4-3-3 a fait des ravages en partie grâce à l’un des meilleurs milieux d’Europe, composé de Juninho, Mahamadou Diarra et Tiago (ou Essien).

Saison 2011-2012 : les débuts en tant qu’entraîneur

 

Rémi Garde, un passionné du jeu

Suite à une saison décevante et éprouvante pour tout le monde, Claude Puel est remercié pour faute grave et c’est Rémi Garde qui prend les rênes de l’Olympique Lyonnais. Surnommé le « petit Guardiola » par Bernard Lacombe, Garde profite de soutiens en interne et de la nouvelle politique du club pour devenir le nouveau directeur technique d’un club en reconstruction. Durant l’intersaison, Jérémy Toulalan, César Delgado, Pape Diakhaté et Miralem Pjanic mettent les voiles. Dans le sens des arrivées, l’OL enregistre les signatures de Mouhamadou Dabo, Bakary Koné et Gueïda Fofana, capitaine des U20 français.

 

Et le néophyte ne tarde pas à révolutionner l’organisation olympienne. En effet, l’OL débute l’exercice dans un système nouveau en 4-4-2 qui diffère du 4-3-3 historique, mis en place depuis des années sur la pelouse de Gerland. Ainsi, au moment du coup d’envoi de la saison de L1 au stade du Ray, Lyon est disposé dans une sorte de 4-2-2-2. Le jeune Maxime Gonalons est associé à l’expérimenté Kim Källstrom tandis que Michel Bastos et Jimmy Briand démarrent sur les ailes et que Lisandro Lopez forme la paire avec Bafé Gomis devant.

 4-4-2 : Lopes-Réveillère-Cris-Lovren-Cissokho-Gonalons-Källstrom-Briand-Bastos-Lisandro-Gomis

 Ce système semble être mis en place pour mettre le numéro 9 argentin dans les meilleures dispositions, un peu à la manière du 4-2-3-1 de Bruno Genesio organisé autour de Nabil Fekir. Ainsi, « Licha » n’est pas bridé comme sur le côté gauche et peut évoluer librement, en tournant autour de son compère d’attaque ou en décrochant selon les phases de jeu. Mais la blessure de Lisandro force rapidement le novice qu’est Rémi Garde à revoir ses plans. De ce fait, l’OL retrouve le 4-3-3 dès le mois de septembre, Clément Grenier étant intégré au onze lyonnais. De retour dans le groupe suite à la Coupe du Monde U20 en Colombie, Alexandre Lacazette gagne en temps de jeu en évoluant majoritairement dans le couloir droit.

 4-3-3 : Gonalons-Kallström-Grenier-Briand(Lacazette)-Gomis-Bastos

 En deuxième partie de saison, l’OL alterne entre le 4-3-3 et le 4-4-2, parfois même d’un match sur l’autre comme nous le montrent les compositions des finales de Coupe de la Ligue contre l’OM, puis de Coupe de France contre les amateurs de l’US Quevilly. Perturbé par une multitude de blessures, Rémi Garde est obligé de remodeler couramment son entrejeu entre Gueïda Fofana, Yoann Gourcuff, Ederson et Clément Grenier. Au niveau défensif, les latéraux sont quasi systématiquement Anthony Réveillère et Aly Cissokho, parfois Mouhamadou Dabo qui profite de sa polyvalence pour gratter un temps de jeu conséquent.

 Les résultats lors de cet exercice sont mitigés. L’OL finit à 10 points du podium et du LOSC, mais dispute deux finales et passe les poules de la Ligue des Champions. Au cours de cette saison riche en rebondissements et en imprévus, le technicien a dû bricoler et composer en fonction des forces en présence en lançant un certains nombres de jeunes éléments dans le grand bain, notamment un certain Samuel Umtiti. Un exercice qui symbolise bien le passage de Rémi Garde à la tête de son club de cœur.

 

Saison 2013-2014 : le passage au losange

 

Rémi Garde, un passionné du jeu

En novembre 2013, l’OL reste sur cinq matchs sans victoire et s’apprête à recevoir Rijeka en phase de poules de la Ligue Europa. Constatant l’échec du 4-3-3/4-2-3-1 mis en place, Rémi Garde décide de passer en 4-1-2-1-2 ou 4-4-2 en losange. Le « diamant », comme l’appelle nos amis anglo-saxons, est formé de Fofana, Jordan Ferri, Steed Malbranque et Clément Grenier en position de numéro 10. À partir du début de l’année 2014, Maxime Gonalons et Yoann Gourcuff y prennent place et forment la « 3G » en compagnie du natif d’Annonay.

 4-4-2 losange : Lopes-M.Lopes-Bisevac-Umtiti-Bedimo-Gonalons-Fofana-Grenier-Gourcuff-Gomis-Lacazette(Briand)

 Ce dispositif sans ailiers offre une plus grande liberté aux latéraux mais oblige les relayeurs et les attaquants à être investis et rigoureux pour bloquer les couloirs et garder une formation équilibrée. Sa grande densité dans l’entrejeu permet à une équipe d’asseoir son emprise sur le match et de bien maîtriser le jeu. Son instauration est courageuse car Garde doit alors écarter la recrue Gaël Danic et Arnold Mvuemba, plus habitué au 4-4-2 à plat de Christian Gourcuff. Par la suite, Hubert Fournier profite du travail de son prédécesseur pour construire son équipe et conduire l’OL à une superbe et inattendue deuxième place, à 8 points du Paris-Saint-Germain.

 De retour aux affaires, Rémi Garde va essayer d’amener l’Impact de Montréal au sommet du football nord-américain, et ce dès le mois de mars. L’ancien coach d’Aston Villa va pouvoir réaliser son mercato comme il l’entend tout en tenant compte du fameux « salary cap » en vigueur outre-Atlantique. On peut envisager de voir débarquer au Québec des têtes bien connues du public lyonnais et de se délecter d’une formation canadienne offensive et attrayante. C’est en tout cas ce qu’on lui souhaite !

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