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Finalement, on love this game ?
08NOV

Finalement, on love this game ?

Après un début de saison compliqué, l’OL s’est repris et vient d’enchaîner des résultats et des performances satisfaisantes. Qu’est ce qui a changé ou a évolué ces dernières semaines ? Que reste-t-il à améliorer ?

Au mois d’octobre, le pessimisme avait envahi les suiveurs et les supporters de l’Olympique Lyonnais. Après cinq matchs sans victoire souvent accompagnés de prestations médiocres, Bruno Genesio était plus que jamais en danger, lui qui essuyait des critiques (parfois justifiées) sur la manière dont il faisait évoluer son équipe, sur sa communication ou encore sur la gestion de son effectif. Mais alors que la rupture semblait proche, l’OL s’est redressé de manière impressionnante et vient d’enchaîner six succès consécutifs, dont une humiliation mémorable infligée à son voisin forézien. Après 12 matchs de championnat, les Gones se retrouvent sur le podium à seulement 3 points du champion en titre et 7 points de l’ogre parisien, et sont à un petit point de se qualifier pour le prochain tour de la Ligue Europa, dont la finale au « Parc Groupama des Lumières » est le rêve absolu du président Aulas. On a essayé de comprendre les raisons d’une telle série et les changements qui se sont opérés depuis la dernière trêve internationale.

Une organisation plus souple 

 

S’il n’y a pas eu de révolution, on peut évoquer un changement notable. Bien que l’OL évolue toujours majoritairement en 4-2-3-1 avec un double pivot composé de Lucas Tousart et Houssem Aouar ou Tanguy Ndombélé, Bruno Genesio a évoqué à plusieurs reprises ces dernières semaines la crédibilité du 4-3-3. Utilisé lors de la « manita » à Troyes, le système des grandes années lyonnaises semblent être compliqué à mettre en place avec le capitaine Nabil Fekir. Chose que réfute le technicien, puisqu’ il semble envisageable de voir évoluer le franco-algérien un cran plus bas dans un milieu à trois. Enfin, l’arrivée d’Houssem Aouar dans le onze de départ a ouvert des possibilités tactiques à son entraîneur : quand le jeune numéro 8 est excentré à gauche, on peut imaginer l’OL jouer en 4-2-3-1, en 4-4-1 comme face à l’ASM, ou même en 4-4-2 losange sur certaines phases de jeu. Une organisation qui permet d’intégrer aussi bien Tanguy Ndombélé que Houssem Aouar, mais qui obligerait l’ancien adjoint de Rémi Garde à exclure l’une des trois vedettes offensives. On peut quand même imaginer qu’avec l’enchainement des matchs et la suspension de « Nabilon », chacun aura sa chance et que différents systèmes seront utilisés d’ici la trêve hivernale.

 

Finalement, on love this game ? Finalement, on love this game ?

Une réussite retrouvée

 

Eh oui… Même si on ne parlera pas dans ce paragraphe de jeu à trois, de système de jeu ou de football total, il s’agit de l’une des principales causes des récents résultats. Comme dirait un ancien ailier gauche de l’Équipe de France, « la routourne a tourné ». Et le match contre Monaco semble être charnière. Le 13 octobre dernier, à hauteur des Monégasques au bout du temps additionnel, les Rouge et Bleu étaient alors tout proches de signer un match nul qui aurait été (déjà !) le septième de l’exercice en cours, mais Nabil Fekir et sa patte gauche en ont décidé autrement. Il est bon de noter que, depuis, l’OL ouvre presque toujours le score rapidement, et notamment à Goodison Park, face à Metz et contre les Verts. Une efficacité nouvelle qui a permis aux Gones de prendre un avantage souvent définitif étant donné la supériorité technique de Memphis Depay et consorts. Le Néerlandais qui fait d’ailleurs partie d’un quatuor offensif prolifique, en compagnie de Mariano Diaz, Bertrand Traoré et Nabil Fekir (le trio « MFM » est même actuellement le plus efficace d’Europe avec 26 buts, devant la « MCN » du PSG). Malgré des buts à foison, cette armada ne semble pas avoir des relations idylliques, mais qu’importe, finalement, tant le talent de ces garçons effraye tout l’Hexagone jusqu’à rendre les adversaires verts (sic) de rage et de déception. La vraie question qu’il faudrait se poser est la suivante : cela va-t-il durer ? Le cas OL est l’exemple parfait que dans le football, tout va très vite, dans un sens comme dans l’autre, alors trouvons d’autres motifs d’espoir !

Houssem Aouar, déjà indispensable

 

Finalement, on love this game ?

Beaucoup le réclamait depuis des mois et des mois, faisant ressurgir les souvenirs douloureux du « bahloulisme » et agaçant certains, et pourtant… À l’heure actuelle, on se demande même comment le pur produit de la formation lyonnaise a pu être écarté du groupe lors des deux premières journées au profit de l’emploi fictif qu’est Clément Grenier. Le néo-international espoirs émerveille et fait son effet dès qu’il foule le gazon, de Décines ou d’ailleurs.

Elégant, soyeux, il respire tellement le football qu’il en oublierait presque d’en laisser à ses collègues. Son jeu toujours simple et épuré a tout changé et son absence en deviendrait insupportable. Mais le Gone est surtout polyvalent : depuis que « Pep » lui donne sa chance, « Houss » a évolué à gauche, en 10, et même aux côtés de Lucas Tousart avec une réussite systématique. Lorsqu’il a joué sur le côté dans un rôle de meneur excentré, l’OL a battu Monaco ; lorsqu’il a remplacé Fekir derrière l’attaquant à Troyes, l’OL s’est baladé (0-5) ; et que dire de ses performances en 8 dont la dernière en date l’a vu illuminer la soirée glaciale du dimanche soir par un match abouti et plein de maturité.

Mais comme cela ne suffit pas, il faut en plus que le digne successeur de Juninho, Pjanic, Gourcuff (le meilleur joueur français de la décennie) et Coco Tolisso soit décisif. Buteur contre Dijon et Everton, il a encore été impliqué dans deux des cinq buts lyonnais du Chaudron, dont une avant-dernière passe « just amazing », hommage à Nelson Monfort, pour Kenny Tete. Sa relation avec Nabil Fekir fait saliver et son implication comme sa mentalité semblent exemplaire. Sans aucun doute, l’un des principaux artisans de la belle série lyonnaise, et on en redemande !

Des latéraux à l’apport grandissant

 

C’est assurément la grande réussite du mercato estival. Avec les arrivées de Kenny Tete, Ferland Mendy et Fernando Marçal, l’OL a plus que comblé les départs de Maciej Rybus, Christophe Jallet et Jordy Gaspar, ainsi que le replacement, réussi, de Jérémy Morel dans l’axe central. Si le début de saison a laissé les observateurs sur leur faim à cause d’un manque criant de dédoublements et d’apport offensif, la donne a, depuis, bien changé. Au fil des rencontres, progressivement, l’OL a davantage maîtrisé les événements et des automatismes se sont créés. La concurrence saine entre Mendy et Marçal d’un côté, et Tete et Rafael de l’autre, pousse chacun à se surpasser, ce qui est bien évidemment bénéfique pour le club olympien. Les dernières sorties ont montré un apport des latéraux très intéressant qui s’est matérialisé par des statistiques fort honorables. Le jeu à trois et les dédoublements devenant chose courante, on assiste à des séquences conclues de fort belle manière : Tete contre Metz, Dijon et l’ASSE ; Marçal contre Troyes, Metz et Everton ; et Mendy contre Monaco ; sans oublier « Rafa » à Angers. Autant d’actions décisives pour des éléments qui n’en oublient pas moins de défendre. Un équilibre difficile à trouver quand on connaît le repli défensif parfois hasardeux de Memphis côté gauche (cf Angers). Plus sujet au changement, le flanc gauche reste parfois friable et c’est d’ailleurs dans ce couloir que les Stéphanois ont le plus tenté, à l’image de Jonathan Bamba, sans toutefois être suffisamment dangereux pour inquiéter les hommes de Bruno Genesio.

Encore loin de la perfection

 

Si les résultats laissent rêveur et si l’organisation du staff lyonnais prend forme, il faut néanmoins rester nuancé et ne pas céder à la tentation de la suffisance. Tout n’a pas été parfait et on a encore vu des Lyonnais en difficulté au moment de produire du jeu, notamment à Liverpool, mais surtout contre les Lorrains du FC Metz où l’OL a semblé en manque d’inspiration et de motivation malgré la forte affluence du Groupama Stadium. Même si cela peut paraître exigeant, la première période dans le Forez n’a pas été extraordinaire non plus, mais on a vu des Rhodaniens réalistes et appliqués qui ont d’abord évoluer en attaques rapides, avant de dominer les débats sans interruption avec maîtrise et sérieux. Bruno Genesio a fait un choix quant à la philosophie de jeu de cet OL-là, tant pis si l’on peut trouver frustrant de voir un effectif aussi qualitatif se contenter de si peu. À quelques semaines du retour de Luke et Kylo Ren dans les salles obscures, tout supporter voudra avoir la tête dans les étoiles…

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