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ASSE-OL (0-5) : un coup de gel pour l’Histoire (Partie 2)
07NOV

ASSE-OL (0-5) : un coup de gel pour l’Histoire (Partie 2)

Au terme d’une rencontre émaillée de deux interruptions de jeu, mais surtout constellée d’actions offensives d’éclat, les Lyonnais ont disposé « sans coup fékir » de Stéphanois totalement dépassés par les événements. Sur comme autour du terrain.

Grand artisan de cette « manita » (0-5) et tout à la joie qu’elle lui inspire, Nabil Fekir retire son maillot pour le tendre vers le public. Un geste qui n’est pas sans rappeler, entre autres, celui de Lionel Messi – auquel on le compare souvent, à tort ou à raison – l’an dernier après une victoire 3-2 à Bernabeu dans le « clasico ». Pour la petite histoire, le prodige argentin avait aussi infligé, avec le FC Barcelone, un cinglant 5-0 au rival madrilène, il y a 7 ans. C’était déjà en novembre. Loin du clin d’oeil bon enfant et de ces considérations historiques somme toute recevables, spectateurs stéphanois et médias nationaux se retrouvent alors dans une même réprobation, les premiers en envahissant la pelouse, les seconds en pointant du doigt l’attitude provocatrice du Lyonnais.

ASSE-OL (0-5) : un coup de gel pour l’Histoire (Partie 2)

Pendant cette seconde interruption, cette fois longue de 40 minutes, les termes les plus saugrenus fusent, ici et là, comme des sentences à l’endroit du coupable désigné : « cellule de crise », « commission de discipline », « irresponsabilité », « bêtise »... Et M. Carrière, oublieux des derbys qu’il a lui-même disputés, de s’émouvoir de l’initiative de Fekir ; et M. Guy de la déplorer à son tour ; et M. Mathoux de suggérer à la commission susdite d’alourdir la sanction du carton jaune donné par l’arbitre ; et ces Messieurs de l’Équipe TV de se demander si le Lyonnais, au firmament hier, n’a pas « gâché ce derby » (rien que ça !). Par trop consensuel, Bruno Genesio lui-même affirme, dans les couloirs du stade, regretter la célébration de son capitaine. Il se dit aujourd’hui que la Ligue va « ouvrir une instruction ». Comme on le ferait pour un crime. Ce que certains reprochent à Fekir n’est pas tant son geste que la réaction qu’il déclenche dans les travées adverses. Interrogeons-nous peut-être sur les responsabilités réelles, sur la facilité avec laquelle quelques dizaines de supporters se sont retrouvés sur la pelouse. Mais, au-delà de ces questionnements et de la frilosité des journalistes parisiens, réjouissons-nous de ce que, dans cet océan de médiocrité et de fadeur, il nous reste en France quelques îlots de passion comme le Derby.

ASSE-OL (0-5) : un coup de gel pour l’Histoire (Partie 2)

Au plan sportif, fort de cette victoire dans le Forez évidemment historique par son ampleur, l’OL confirme sa grande forme du moment grâce à une 4e « cleansheet » de rang TCC. On peut aujourd’hui se demander ce qui est le plus jouissif, en définitive : marcher sur GG en enfilant les buts comme des perles ou arracher la victoire au bout du suspense. Toujours est-il que, ce 5 novembre 2017, quatre ans tout juste après la tête victorieuse de Jimmy Briand, ces Gones-là sont entrés dans l’Histoire du Derby. Et donc du club. À jamais. Bruno Genesio aussi, évidemment. Contrairement à ces dernières saisons, du reste, les « vrais » Gones étaient peu nombreux sur le pré. Et si cela avait été un avantage ? Ignorants de la rivalité locale, les Traoré, Memphis, Mariano, Marcelo, Marçal, Tete n’ont peut-être pas fait l’erreur de leurs prédécesseurs élevés au biberon du Derby (les Gonalons, Tolisso, Lacazette, Umtiti) : ils n‘ont pas fait le match 10 fois dans leur tête avant le grand soir, et cela s’est vu. Jamais le Chaudron n’avait ressemblé autant à un congélateur. Un congélateur qui, hier soir sur les coups de 23h30, affichait -2, comme la différence de but des Verts à l’issue de cette 12e journée. L’OL, lui, plane à +17, sept points au-dessus du rival ancestral.

 « Jusqu’ici tout va bien », oui. Mais comme il est dit dans le film : « Le plus important, ce n’est pas la chute. C’est l’atterrissage. » Les Verts l’avaient peut-etre oublié, les Lyonnais le leur ont rappelé avec fracas.

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