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ASSE-OL (0-5) : un coup de gel pour l’Histoire (Partie 1)
06NOV

ASSE-OL (0-5) : un coup de gel pour l’Histoire (Partie 1)

Au terme d’une rencontre émaillée de deux interruptions de jeu, mais surtout constellée d’actions offensives d’éclat, les Lyonnais ont disposé « sans coup fékir » de Stéphanois totalement dépassés par les événements. Sur comme autour du terrain.

À son tifo « Pas de cinéma, ce soir on a LA HAINE », le kop des Verts aurait pu ajouter « jusqu’ici tout va bien », fameuse tirade introductive du film de Kassovitz, s’il avait su ce qui l’attendait dès le coup d’envoi donné. La musique de Carmina Burana qui résonnait dans un stade Geoffroy-Guichard copieusement garni annonçait-elle la symphonie rhodanienne qui allait se jouer sous les yeux de la verte assistance ? On serait tenté de le croire a posteriori, par gourmandise. Ce qui est certain, c’est que le O Fortuna de Carl Orff ne présageait en rien la déroute des locaux.

 

ASSE-OL (0-5) : un coup de gel pour l’Histoire (Partie 1)

Pour le cas où l’idée de derby n’aurait pas évoqué grand chose aux petits nouveaux – nombreux – de cet OL 2017/2018, ceux-ci ont vite été mis au parfum. La veille du match, déjà, défiant la pluie et le froid, 3 000 personnes s’étaient pressées au Groupama OL Training Center pour faire passer le message à coups de fumis et de banderole « ASAB » : le match contre Saint-Étienne, ici, c’est le match de l’année. Sachez-le tous. Peu avant l’explication dominicale, aux abords de GG, quelques incidents éclataient entre fans rivaux tandis que les camions des forces de l’ordre s’échinaient à calmer tout ce petit monde à grande eau.

 L’eau, la défense alignée par Garcia va la prendre plus que de raison sous les assauts du onze de Genesio. Privées de Jean-Michel Aulas, convalescent, pour la première fois depuis septembre 1989, les travées de ce derby, de cette grand-messe du championnat de France, la 115e du nom, voient l’OL se présenter dans son traditionnel 4-2-3-1. Les deux vraies infos de la compo, cette compo qui va entrer dans l’Histoire d’un grand coup de pied dans la porte, outre la titularisation d’Aouar en lieu et place de Ndombélé, concernent les latéraux avec Marçal côté gauche et Tete, préféré à Rafael, sur le flanc droit.

 À peine M. Turpin a-t-il sifflé le début de ce concerto en FA majeur (F comme Fekir, A comme Aouar) qu’il l’interrompt, la faute à des jets de fumigènes qui gênent considérablement la visibilité de chacun, ainsi que la bonne marche de la Goal Line Technology

ASSE-OL (0-5) : un coup de gel pour l’Histoire (Partie 1)

Un premier entracte de 7 minutes qui donne le ton de la soirée. Lorsque le jeu reprend, les Stéphanois se montrent rapidement les plus dangereux : à la 10e minute, Pajot lance Hamouma dans la profondeur, mais Lopes, bien sorti, contre la tentative. Le corner subséquent va faire basculer la rencontre dans une dimension dont on n’aurait osé soupçonner la merveilleuse existence. Joué très en retrait, et même beaucoup trop, Hamouma s’étant claqué en le tirant, le coup de pied de coin se transforme en balle de contre. Houssem Aouar hérite du ballon et décale Memphis à gauche de la surface adverse. Le Néerlandais, qui s’est fait, depuis peu, une spécialité de marquer avec une facilité qui confine à la désinvolture, se joue de son vis-à-vis d’un tir tout en douceur entre les jambes. Ruffier est battu et le Chaudron essuye son premier coup de froid de la soirée.

Chaque équipe se rend ensuite occasion pour occasion – ici une volée de Memphis, là un centre au cordeau de Bamba repoussé par Lopes, là encore une frappe des 25 m de Mariano – avant que Nabil Fekir ne profite d’une passe bien sentie de Traoré pour contourner la défense verte, enrhumer Lacroix (et la bannière) et expédier une frappe décroisée du gauche sur laquelle Ruffier ne peut que s’incliner. Vingt-six minutes au chrono et déjà 0-2 à la marque. 

C’est peu de dire que la petite brise lyonnaise commence à faire son effet sur l’enceinte forézienne. Si l’ASSE essaye de poser son jeu, les contres rapides de l’OL s’avérent redoutables. « Sainté » demeure stérile, à l’image de la tête non cadrée de Lacroix sur un corner de Selnaes à la 43e ou de la frappe trop enlevée de Pierre-Gabriel la minute suivante. L’impuissance ligérienne trouve son paroxysme lorsque, au bout du temps additionnel de ce premier acte, Selnaes dévisse complètement son tir et voit le ballon sortir à proximité du poteau de corner.

 En seconde période, ce choc à nul autre pareil va franchir un palier supplémentaire dans ce qui le détache du paysage monochrome et lisse de la L1. Coupable, à la 47e, d’une grosse faute sur Fekir qui fait craindre le pire aux amoureux du capitaine des Gones (c’est-à-dire aux amoureux du football), Léo Lacroix écope d’un rouge direct. Réduits à 10, les Verts s’agacent quelque peu tandis que les fumis refont leur apparition, sans conséquence cette fois. Refroidis par la tournure des événements, les joueurs d’Oscar Garcia le sont plus encore à la 58e lorsqu’un but d’école orchestré par Aouar et Tete, et conclu par Mariano, en force, porte le score à 0-3. 

Au bord du gouffre sur chaque offensive lyonnaise, l’ASSE y tombe complètement après que Traoré a conclu d’un confortable enroulé du gauche un contre express lancé par son coéquipier dominicain (0-4, 65e). 

De Chaudron, il n’y a dès lors plus trace. Pantois autant que transi, et aussi impuissant que ses favoris, le « peuple vert » ne peut que constater l’écart énorme qui sépare, cette saison, les deux mammouths du football français que sont l’OL et l’ASSE. Chaque possession rhodanienne fait passer un frisson de plus dans les gradins, augmentant d’un cran la clim’ de GG au point que le match est appelé à se terminer dans un froid glacial tout ce qu’il y a de plus forézien. Après une énième alerte que Fekir, trop facile face à Ruffier, manque de convertir (77e), Bruno Genesio procède à ses deux premiers changements : Ndombélé pour Tousart, omniprésent, et Mendy pour Marçal, très en vue également. Cela n’arrange pas les affaires des Verts ni de leurs 38 000 « Mister Freeze » en tribunes, dont le silence se trouve facilement couvert par les chants d’un parcage lyonnais en fusion. Lorsque, à la 85e, Mariano donne une merveille de ballon à Fekir, le but du meneur de jeu, qui prend le temps d’ajuster Ruffier, achève de réfrigérer les autochtones.

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