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On tire (déjà) le bilan de l'OL. Décryptage
12OCT

On tire (déjà) le bilan de l'OL. Décryptage

Depuis des mois et encore plus ces dernières semaines, nombreux sont les supporters et/ou twittos et autres spécialistes, remettant en cause le jeu pratiqué par leur équipe et réclamant la démission de l’entraîneur, Bruno Genesio. L’équipe 8ème de L1 jouerait mal et l’ancien adjoint d’Hubert Fournier en serait le principal responsable. Mais alors qu’en est-il vraiment ? L’Olympique Lyonnais joue-t-il si mal au football ? Eléments de réponse.

Dans l’inconscient collectif des passionnés de football, le système de jeu est l’un des facteurs principaux de ce sport et reflète la mentalité de l’entraîneur et la « patte » qu’il souhaite apporter à son équipe. Même si tout n’est pas aussi simple, il est vrai que le dispositif est un premier élément et peut parfois être la cause de certains dysfonctionnements. Depuis l’entame de la présaison, Bruno Genesio fait évoluer son OL dans un 4-2-3-1 assez classique avec un double pivot composé de Lucas Tousart et, dans l’idéal, d’un milieu récupérateur capable de faire le lien avec les joueurs offensifs. Celui-ci fut successivement Sergi Darder, Jordan Ferri et Tanguy Ndombélé depuis peu. L’ancien joueur de Martigues aurait retenu son erreur de s’être obstiné à aligner le capitaine Maxime Gonalons et le néophyte Lucas Tousart, dans une association purement défensive qui a causé bien des soucis aux Rhodaniens, notamment une certaine soirée de printemps à Amsterdam… Cependant, le onze semble alors toujours coupé en deux et souvent sans aucun liant entre les lignes, certains ironisant en évoquant un système en 6-4. Alors que faire ?

Pour porter une analyse un poil pertinente, il faut donc s’intéresser au style de jeu et à la manière dont « Pep » Genesio souhaite faire évoluer les siens. Et cela devait d’ailleurs être le grand chamboulement de l’été ! La décision est prise dans le courant de la coupure estivale, l’OL va jouer avec un bloc plus bas, permettant d’apporter le danger sur des attaques rapides. Parfait pour éviter de jouer en somme. Mais évidemment, pas besoin d’avoir passé des diplômes pour comprendre que face à des équipes présumées plus faibles, l’OL ne pourra pas évoluer de cette manière. En effet, quel entraineur d’une équipe de L1 « banale » accepterait de prendre le jeu à son compte quitte à laisser des espaces au quatuor offensif lyonnais ? A priori aucun. Et c’est là qu’arrivent les ennuis… depuis le début de saison, l’Olympique Lyonnais est incapable de produire du jeu et présente de grosses lacunes sur attaques placées. Les exemples ne manquent pas : Nantes, Guingamp, Limassol, Dijon… autant de formations face auxquelles l’écurie rhônalpine s’est cassée les dents, provoquant même la colère et l’incompréhension du président Aulas suite à la désillusion chypriote. Avis subjectif me direz-vous ? Justement pas tant que ça. Dans la presse ou sur les réseaux sociaux, de nombreuses statistiques ont fleuri, illustrant les problèmes de l’OL à produire un football de qualité. La plus marquante ? Depuis le début de saison, l’OL est seulement la neuvième équipe qui réalise le plus de passes en L1, pire, l’OL est celle qui réalise le moins de passes vers l’avant parmi les vingt clubs de l’élite ! Un chiffre qui mérite d’être nuancé pour tout un tas de raisons, mais qui reste assez ahurissant pour un club avec de telles ambitions et un effectif aussi qualitatif. Et c’est pourquoi les départs contestés de Emanuel Mammana et de Sergi Darder mériteraient de revenir au cœur du débat. Aussi même si la défense était l’une des satisfactions estivales, l’OL a encaissé 10 buts après 7 journées, pire total depuis 1995. Inquiétant.

Arrive alors l’argument du match contre Paris. Un match sur lequel le club de la capitale des Gaules a trouvé bon de communiquer pendant des jours, le présentant comme un match référence et justifiant la défaite par un arbitrage injuste et partial. Jean-Michel Aulas a même parlé de « fierté ». Bref, ce match prouve le réel niveau de l’OL. Le souci c’est que cela mérite d’être plus que nuancé. Contre l’armada parisienne l’OL a joué bas, parfois très bas , laissant logiquement au PSG le soin de prendre le jeu à son compte afin de procéder en contres (à l’arrivée les coéquipiers de Nabil Fekir n’ont eu qu’environ 30% de possession de balle). Et l’OL l’a très bien fait ! Effectivement, on peut trouver d’importants motifs de satisfaction dans l’état d’esprit et la solidité défensive. Les Lyonnais ont joué les uns pour les autres, sont restés compacts et ont bien tenu pendant 75 minutes face à Neymar et consorts. Mais, de ce fait, aucun des arguments exposés plus haut ne peut être démonté par cette rencontre… Offensivement, les protégés de Bruno Genesio ne se sont créé aucune occasion franche suite à un mouvement construit ou après un redoublement de passes ou une sortie de balle depuis ses centraux. La meilleure opportunité olympienne aura donc été un pétard de 25 mètres de l’omniprésent Tanguy Ndombélé, réelle satisfaction pour sa première en tant que titulaire sous le maillot des Gones. Ainsi, il faudra encore attendre avant d’espérer une amélioration de cette équipe qui, il est vrai, est relativement récente. Les confrontations contre l’AS Monaco et Everton feront certainement office de tests pour ce jeune effectif…

Quelles solutions ? Malheureusement, difficile de répondre à cette question en tant que simple amateur du ballon rond. Mais pour encourager le débat, voici une équipe de départ qui pourrait sembler assez cohérente et pas loin d’être crédible même aux yeux de notre tacticien préféré puisqu’il l’a aligné face à Dijon… avec un succès malgré tout limité.
4-2-3-1 : Lopes-Tete (Rafael)-Marcelo-Morel-Mendy Tousart-Ndombélé Fekir-Aouar-Traoré-Mariano
4-4-2 losange : Lopes-Tete (Rafael)-Marcelo-Morel-Mendy Tousart-Ndombélé-Aouar-Fekir Traoré-Mariano

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