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Aux larmes, citoyennes !
03JUL

Aux larmes, citoyennes !

Éliminées par les championnes en titre américaines, les coéquipières d’Amandine Henry ont une nouvelle fois échoué sportivement, alors même que l’engouement et l’espoir d’un premier titre majeur n’avaient jamais été aussi importants.

Quatre quarts. Depuis la cruelle élimination de 2015 face aux Allemandes, les Bleues enchaînent sélectionneurs et désillusions, le tout entrecoupé de promesses sans lendemain qui finiront inévitablement par constituer un frein évident à l’expansion du football féminin en France, et ce malgré les efforts nombreux et méritants de tous les acteurs périphériques que sont, notamment, médias et politiques. Alors que certains commencent déjà à relativiser la faillite sportive de cette Équipe de France par le succès populaire que représente la Coupe du monde, la vérité ne peut et ne doit pas être cachée : les millions de Français rassemblés dans les enceintes hexagonales ou devant leur écran ont pu constater la faiblesse collective de cette formation tricolore et la pauvreté de son animation offensive. Il est certain que ce n’est pas la qualité du football proposé par la sélection de Corinne Diacre qui contribuera à l’essor de la discipline et du championnat de France au cours des prochains mois. La faute aux cadres lyonnaises ou à la sélectionneuse en place ?

Une certitude, tout d’abord, c’est qu’il serait trop facile de n’incriminer que les sept championnes d’Europe qui composaient le groupe retenu, compte tenu de leur utilisation parfois discutable et de la faiblesse de certaines de leurs coéquipières. En effet, comment justifier le positionnement d’Eugénie Le Sommer, atout majeure de l’attaque bleue ? Bridée à gauche, la Bretonne est passée à côté de son mondial tout comme la Parisienne Gaëtane Thiney, dont le statut dans cette sélection est aussi peu compréhensible que cette EDF dans son ensemble n’est cohérente. La capitaine Amandine Henry aura, quant à elle, porté tant bien que mal cette sélection par sa volonté et ses qualités indiscutables qui n’ont malheureusement pas suffi à compenser les difficultés criantes de sa partenaire de l’entrejeu, Élise Bussaglia, devenue trop juste pour le très haut niveau, elle qui fêtera en septembre son trente-quatrième anniversaire. Enfin, l’arrière-garde tricolore n’aura été que trop peu rassurante pour espérer passer l’obstacle étatsunien, alors même que Wendie Renard s’est révélée être la principale arme offensive de cette sélection en finissant meilleure buteuse. Voilà qui vous pose le tableau…

Ainsi, la déception est grande et la colère grandissante au vu des réactions des uns et des autres qui préfèrent s’enfermer dans une forme avancée d’autosatisfaction plutôt que de privilégier la raison et la remise en question, cf. le maintien de Miss Diacre à son poste par le président de la FFF (une stratégie de l'autruche qui ne date pas d'aujourd'hui). Depuis 1998, la France refuse de jouer pour l’emporter, mais quand elle perd, elle est heureuse de ne pas avoir joué : aux larmes citoyen(ne)s !