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Cinquante nuances de lassants rebondissements
27MAY

Cinquante nuances de lassants rebondissements

Après dix mois longs, lassants et épuisants, la saison lyonnaise se termine par un profond et partagé soulagement. Du terrain à la communication, en passant par l’interminable feuilleton Genesio, retour sur cet exercice 2018-2019 aussi agaçant qu’harassant.

Comment pouvait-il en être autrement ? À peine la compétition commencée, les supporters désabusés étaient déjà légion après deux saisons ponctuées d’échecs cuisants et de coups d’éclats retentissants, ces derniers venant souvent masquer un bilan d’ensemble insuffisant pour une institution de l’envergure de celle bâtie en plus de trente ans par le clivant Jean-Michel Aulas. C’est, de fait, dans la lassitude et un agacement général déjà bien ancré entre Rhône et Saône que cette saison a pris une tournure particulière et ce, à tous les niveaux. Jamais le club n’avait paru aussi éloigné de ses soutiens les plus fervents et autant chamboulé lorsque la frustration accumulée a subitement éclaté dans les travées. Une première depuis la terrible dernière saison de Claude Puel sur le banc du club rhodanien. À qui la faute ?

Aux acteurs les plus proches du terrain dans un premier temps, évidemment, l’irrégularité chronique et l’imprévisibilité paradoxalement si prévisible du groupe de Bruno Genesio ayant eu raison de la patience de supporters lassés de voir cette équipe, d’apparence si qualitative, gâcher une nouvelle saison en laissant le puissant PSG qatari s’envoler, puis le surprenant Lille de Christophe Galtier la distancer, et en maintenant le palmarès du septuple champion de France désespérément vierge depuis le passage de l’apprécié Rémi Garde en tant qu’entraîneur principal. Ainsi, jamais un effectif n’aura suscité aussi peu de sympathie auprès des supporters lyonnais alors que Bruno Genesio aura fait l’objet d’une défiance grandissante et justifiée qui a fortement contribué au climat tendu et délétère qui a entouré l’OL tout au long de ce difficile exercice.

La figure du technicien lyonnais s’est, de plus, retrouvée au centre de toutes les attentions par son propre fait, l’ancien milieu de terrain ayant publiquement exprimé sa volonté de voir son avenir fixé rapidement alors que son contrat prenait fin à l’issue de la saison. Une déclaration discutable qui a engendré un feuilleton insupportable au cours duquel la personne de Bruno Genesio a concentré tous les regards, perturbant inévitablement la saison olympienne et faisant grandir l’agacement, puis la colère d’un public avide d’ambitions et de changement, et qui ne pouvait envisager de voir le club poursuivre sur la voie obscure de l’autosatisfaction et de la stagnation, plus de trois ans après l’entrée dans une nouvelle enceinte, symbole de renouveau et d’espérance légitime d’une grandeur retrouvée.

Puis tout devint irrationnel : une frappe de Ramy Bensebaini, un coup-franc étonnamment parfait d’Anthony Limbombe… L’étrangeté de la rareté répétée, comme si ce jeu formidable qu’est le football avait fini par faire volontairement basculer le destin d’un club qui perdait inexorablement de ce qui faisait la nature même de ses succès : l’exigence et l’ambition.

Voilà donc le drôle de récit d’une saison étrange qui se termine dans le soulagement autant que dans l’attente d’une suite nouvelle et excitante comme l’OL n’en a plus connu depuis trop longtemps. L’unité est retrouvée, l’ambition réaffirmée et la prochaine page, auriverde !