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Ol-ASSE : Le derby vu par Grégory Coupet
03NOV

Ol-ASSE : Le derby vu par Grégory Coupet

C'est une véritable légende, Grégory Coupet le septuple champion de France avec l'OL se livre en exclusivité pour Social Gones sur le 115ème derby de l'histoire.

-Que représente le derby pour toi, Grégory ? 

Certainement l’un des matchs les plus importants de la saison. À ce moment là, il y a une montée en puissance qui se fait naturellement ne serait-ce pour l’attente des supporters. Cette confrontation tient à cœur à toute une région. C’est des sensations à vivre qui sont excellentes, la pression populaire et celle d’être la meilleure équipe de la région nous pousse à se surpasser.

-Toi qui as vécu et joué tant de derbys (sans compter ceux avec l’ASSE) quelle reste pour toi ta meilleure performance contre Saint-Etienne ?

Très sincèrement, je n’ai pas de souvenirs particuliers. Le moindre arrêt est décisif, ne serait-ce par mon passé, moi qui suis formé à l’ASSE je ressentais le besoin d’être performant et décisif lors de ce match. L’attente était double pour moi. Je ne voulais pas qu’on remette en doute mon implication et mon intégrité donc il fallait que je réponde présent de la meilleure des manières lors de ce match. Tout compte dans un derby, les attitudes, l'implication… La tension y est décuplée, l'animosité qui existe doit te nourrir plus qu’elle doit te paralyser. Il y a un sentiment de gladiateur dans des matchs comme ça. C’est tout simplement celui que tu n’as pas envie de rater (d’échouer). Étant gardien, pour garder ta confiance et celle de tes coéquipiers, même en amical, tu te dois d’être performant sur le terrain. Donc imaginez un derby… Un leader ne doit jamais faillir !

-Peux-tu nous raconter ce fameux 30 avril 2006. Vous êtes tout fraichement champion de France, et une semaine plus tard vous jouez Saint-Etienne. Comment on aborde un derby alors qu’on vient d’assurer un 5ème titre de champion de France quelques jours avant ? Et vous vous offrez le luxe d’arriver déguisé et en pantoufles au match, quel culot (rires)

Honnêtement, ce match te permet de rester dans une véritable rigueur parce qu’il n’y a aucune décompression à avoir et que tu as besoin de rester au top niveau. La différence étant que le titre te libère d’un poids énorme. Les 3 points contre Saint-Etienne sont toujours importants, mais le titre est dans la poche. Ce match était exceptionnel ! Tu es champion, et tu le claques 4-0 ! Quand les stéphanois nous ont vus arriver en pantoufles et déguisé, évidemment qu’ils le prennent mal. C’était une façon de dire « On est champion désolé (rires), nous on fait la fête, vous vous êtes au taqués (rires) ». Sincèrement quand j’ai vu la chose se dessiner (le chambrage) j’étais un peu embêté, je me suis dit qu’on était allé loin mais c’était notre force collective. C’était une décision unanime de tout le monde et on l’a fait. C’est aussi ça la force d’un groupe quand ça marche bien. La pilule a dû être difficile à passer pour les supporters stéphanois… 

-Toi qui as évolué sous les couleurs de l’ASSE et l’OL, avec quel club gardes-tu les meilleurs souvenirs ?

Lyon évidemment, j’ai tout gagné avec eux. 

-As-tu été charrié sur ton changement de club ?

Oui cela a été très très compliqué surtout qu’à l’époque, je viens pour prendre la succession de l’idolâtré Pascal Olmeta. Donc imaginez-vous… Tu remplaces une icône par un ancien vert, forcement cela a été difficile de faire passer auprès des supporters. Donc il a fallu s’accrocher et démontrer les qualités que je pouvais avoir et de montrer la détermination que j’avais à vouloir défendre ce maillot. 

-Quelle est pour toi la meilleure ferveur/ambiance entre Geoffroy-Guichard et le Groupama Stadium (Ex Gerland) ?

Très sincèrement elle est équivalente. C’est très puissant des 2 côtés. C’est galvanisé ce jour-là, c’est toujours des tifos fantastiques, chacun démontre sa puissance. C’est des atmosphères qui me nourrissaient énormément car j’aimais ça. C’est juste top !

-Quel joueur pour toi a le plus marqué l’histoire des derbys côté lyonnais, depuis les années 2000 ? Tu peux te citer toi-même (rires)

Il y en a eu énormément, mais je pense que des mecs comme Govou ou Juninho ont été déterminants. Je pense à Govou car c’est un mec du Puy (département de la Haute-Loire) et qu’il a toujours eu une grande part d’importance dans ces derbys. Quand il donne la victoire à l’OL en 2004, il va saluer ses potes stéphanois dans les tribunes. Il inculque les valeurs du derby.

-L’OL en un mot ? Saint-Etienne en un mot ?

L’Olympique Lyonnais : Puissant

Saint-Etienne : Reconnaissance car je suis formé là-bas. J’ai bien été formé (rires)

-Seras-tu supporter de l’OL ou de sainté dimanche ?

Sans aucun doute l’OL ! Je l’ai découvert lors d’un derby, c’était à l’époque Hugo Lloris dans les cages et on perd le match 3-0. Jusqu’à présent on avait pris l’habitude de gagner tous les derbys, donc ça ne me dérangeait pas de dire que j’étais 50% supporters de l’OL et 50% supporters des verts. On était toujours du bon côté puisqu’on gagnait (rires). Et depuis ce jour-là je suis fou furieux, et totalement pour l’OL. J’aimais bien dire que j’étais toujours neutre, mais je crois que j’ai toujours été lyonnais (rires). J’ai tout gagné à Lyon donc forcément, c’est marquant. 

-Quel est le meilleur souvenir que tu gardes d’un derby ?

Les arrivées au stade, aussi bien qu’à Gerland ou à Geoffroy-Guichard. C’est une véritable haie d’honneur quand tu arrives. Soit d’insultes d’un côté, soit de chants de l’autre. Tu sens toute l’attente de ce match, c’est magnifique. Tu vois dans leurs regards qu’ils comptent sur toi… 

-Et enfin pour terminer, ton pronostic pour ce 115ème derby de l’histoire ?

2-0 pour Lyon. Je pense qu’on est au-dessus, maintenant j’espère qu’on n’oubliera pas de mettre l’ingrédient principal, l’agressivité. On est conscient qu’on est meilleur individuellement mais il faudra savoir faire la guerre avant tout… !

*Fin de l'interview.

 

Un grand merci à Grégory de nous avoir accordé du temps pour répondre à nos questions. C'est toujours un grand plaisir de cotoyer des anciens joueurs qui ont fait l'histoire de l'OL. Et il en a une grande importance. OOOOH OUI GREEEG IL L'A SOOOORT !! Main opposée Richard

 

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