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FC Barcelone - OL : analyse d’un naufrage
15MAR

FC Barcelone - OL : analyse d’un naufrage

Éliminés, et même corrigés, au Camp Nou, les hommes de Bruno Genesio n’auront jamais été véritablement en mesure de rivaliser avec leurs adversaires du soir. Pire, l’OL aura été à côté dans tous les domaines du jeu, aussi bien défensivement que dans l’utilisation du ballon, et son entraîneur y est pour beaucoup.

Une organisation de départ qui pose question

À chaque affiche prestigieuse son coup tactique ? C’est peut-être ce à quoi Bruno Genesio pensait au moment de mettre en place le onze qui débuterait sur la pelouse du plus grand stade d’Europe. En effet, comme à Manchester au mois de septembre, l’entraîneur rhodanien a surpris son monde, cette fois en disposant ses hommes dans un système à trois centraux qui avait disparu des feuilles de match depuis le mois de janvier et une prestation désastreuse du côté de Toulouse. Ainsi, Fernando Marçal retrouvait l’axe gauche aux côtés de son compatriote Marcelo et de l’ancien Citizen Jason Denayer. Pour justifier ce qui peut être perçu comme un retour en arrière, Genesio exprimait sa volonté de densifier l’axe tout en évoluant sur la largeur avec la présence dans les couloirs de Léo Dubois et Ferland Mendy, capables de multiplier les efforts et d’avaler les kilomètres.

Aussi, la présence dans l’entrejeu de Lucas Tousart aux côtés de Tanguy Ndombélé pouvait interroger tant l’OL avait été en grande difficulté dans la sortie et la conservation du ballon il y a trois semaines lors de la manche aller. Difficile, en effet, d’imaginer l’Aveyronnais apporter une plus-value dans ce registre par rapport à Houssem Aouar, dont la qualité technique et la vision du jeu ne sont plus à démontrer. Mais peut-être était-il préférable de densifier un secteur particulièrement apprécié de Lionel Messi afin de (tenter de) limiter l’influence de celui-ci ?

FC Barcelone - OL : analyse d’un naufrage

Ndombélé et Dembélé en grande discussion avec Bruno Genesio pendant un arrêt de jeu

Une animation défensive désastreuse

Une catastrophe, un naufrage… Chacun sera libre de choisir le terme qu’il préfère, mais le fait est que l’OL aura pris l’eau et payé une organisation mal maîtrisée, ce qui est inconcevable à un tel niveau. Comment peut-on se présenter dans cette disposition sans automatismes ni repères et alors même qu’elle avait été abandonnée pour des problèmes aussi criants que récurrents ?

Bruno Genesio souhaitait bloquer l’axe comme les couloirs ; il n’aura réussi à faire ni l’un ni l’autre, ce qui est un peu dommageable quand on entend se hisser en quart de finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes. Très vite, l’OL s’est retrouvé dans une situation où il n’a fait que subir, ce qui lui avait déjà été reproché à l’aller et qui ne pouvait se reproduire en Catalogne sans se terminer par une punition qui apparaissait inéluctable. En grande souffrance, les Lyonnais semblaient perdus et déboussolés dans une animation défensive qu’ils ne maîtrisaient pas et qui aura très (trop) vite montré ses limites.

Seuls joueurs de couloir à proprement parlé, Léo Dubois et Ferland Mendy se projetaient logiquement à la récupération du ballon ou pour presser leurs homologues blaugranas assez haut sur le terrain. Inévitablement, les espaces dans leur dos se libéraient et les trois centraux ne pouvaient constamment compenser face à la qualité d’enchaînement d’un Barça pourtant loin d’être exceptionnel. La connexion préférentielle Messi-Alba fonctionnait parfaitement tandis que les appels de Luis Suarez mettaient l’arrière-garde lyonnaise en grande difficulté, et ce, tout au long d’une première période durant laquelle les Barcelonais auront déroulé face à une opposition faible et débordée.

Le deuxième acte aura vu les coéquipiers de Nabil Fekir évoluer plus haut sur le terrain et avoir la maîtrise du cuir au moins dans les 20 premières minutes. Cependant, de telles initiatives laissaient inévitablement des situations de supériorité numérique à l’adversaire à la perte du ballon surtout quand les transitions offensives/défensives sont aussi mal gérées. Comme au Parc des Princes en octobre dernier, la formation olympienne aura payé ses nombreuses carences en se faisant « ouvrir » sur chaque offensive adverse, ce qui coûte très cher quand les opposants se nomment Lionel Messi ou Ousmane Dembélé. Il est d’ailleurs bon de noter que les trois derniers buts suivent le changement tactique opéré par Bruno Genesio, qui se sera donc avéré inefficace, le bloc lyonnais étant complètement désorganisé et tout le monde défendant de manière désordonnée, à l’image d’une équipe de U11 qui se découvrirait pour la première fois. Voilà qui vous pose le tableau…

Une utilisation du ballon catastrophique

Ce ne fut pas une grande surprise, mais en faisant le choix d’aligner Lucas Tousart en lieu et place de Houssem Aouar, le staff rhônalpin a accentué les gros soucis remarqués du côté de Décines le 19 février. Incapable de ressortir pendant plus de 35 minutes, l’OL n’aura ainsi pratiquement rien proposé, si ce n’est des tentatives infructueuses de jeu direct qui contrastaient avec la symphonie des joueurs de l’Ajax à Bernabeu il y a un peu plus d’une semaine. Seul Tanguy Ndombélé aura surnagé dans cette formation lyonnaise extrêmement pauvre collectivement ; en témoigne cette situation ahurissante : trois joueurs faisant le même appel, un porteur sans solution évidente et un no man’s land dans l’entrejeu qui rendait une récupération barcelonaise quasiment meurtrière. Un beau résumé de la performance lyonnaise mercredi soir et, plus globalement, de l’Olympique Lyonnais version Bruno Genesio…

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