Header Social Gones
Que retenir des déclarations de Bruno Genesio à France Bleu ?
11MAR

Que retenir des déclarations de Bruno Genesio à France Bleu ?

Interrogé au micro de Jacques Vendroux, le coach de l’OL a une nouvelle fois fait réagir les supporters lyonnais par quelques phrases ou arguments qualifiés, par certains, de honteux. Retour sur les différentes déclarations de Bruno Genesio au micro de France Bleu.

Après quinze minutes passées à revenir sur le parcours de joueur et sur ses idoles de l’entraîneur lyonnais, le journaliste a abordé des thématiques plus actuelles, dont le match retour des 1/8 de finale de Ligue des champions. Pour nourrir l’espoir face à Barcelone, Bruno Genesio a réclamé « beaucoup d’humilité, beaucoup de dépense d’énergie, un petit peu de réussite ».

« La plus grosse difficulté pour moi aujourd’hui, c’est d’avoir la légitimé vis-à-vis d’une partie du public lyonnais ». Après cela, l’entraîneur lyonnais a joué la carte de l’étonnement, trouvant paradoxale sa situation de « premier Bad Gone » et de coach décrié. Les mérites d’un entraîneur dépendraient-ils essentiellement de son attachement au club et non pas des qualités démontrées au poste occupé ou de son apport au club ?

 

Quatre points demandent éclaircissement :

1) Des objectifs atteints

« Les résultats sont surtout en adéquation avec les objectifs fixés, pour la plupart, par le président... Ils ont tous été remplis. Je pense qu’il y a quand même eu des joueurs valorisés ». Politique de l’autruche ? Petit rappel des trophées remportés par Bruno depuis son arrivée : 1 Eusebio Cup.  De plus, rappelons que sous Genesio, l’OL n’a jamais dépassé les quarts de finale de coupe de la Ligue et s’est classé quatrième lors de la saison 2016-2017. Le club a connu de multiples échecs en coupe de France et quelques désillusions en Europe, notamment contre le CSKA Moscou. Cette mise en perspective n’est d’ailleurs pas sans rappeler la déclaration mythique de Christophe Jallet : « Je pense qu’il est rentré dans les objectifs du club même si ce ne sont pas ceux de départ. » Des échecs qu’on aura tous plaisir à oublier pour un temps mercredi soir en cas de performance au Camp Nou.

2) Une formation intégrée au collectif lyonnais

« Des jeunes de la formation […] ont été intégrés. Parce qu'on juge aussi l'entraîneur sur sa faculté à intégrer  […] des joueurs formés au club, parce que c'est l’un des piliers du club ».

Mis à part Houssem Aouar, il serait intéressant de voir quel joueur formé au club s’est installé dans le groupe lyonnais. Alors que la formation de l’OL est louée comme étant l’une des meilleures d’Europe, un constat frappant se pose aujourd’hui. Lors du match contre Strasbourg, samedi, seuls quatre joueurs du groupe, dont deux titulaires, avaient été formés à l’Olympique Lyonnais : Lopes, Aouar, Fekir et Gorgelin. L’une des explications est la fuite des talents, souvent par manque de temps de jeu. En effet, force est de constater que Bruno Genesio a freiné plus de carrières de jeunes lyonnais qu’il n’en a fait éclore, malgré le vivier impressionnant de talents en Rhône-Alpes. Cette année, par exemple, des jeunes tels que Maxence Caqueret ou Hamza Rafia pourraient prétendre à une place dans le groupe pro. Seul le premier cumule 73 minutes de jeu, en coupe de France. Le cas d’Olivier Kemen pourrait aussi poser question quant à l’intégration des jeunes.

3) Des critiques peu compréhensibles

Revenons maintenant sur le manque de remise en question de l’entraîneur lyonnais. S’agissant des critiques à son égard, il a déclaré : « Oui, je pense qu'on peut dire que, depuis bientôt 3 ans et demi, les résultats sont satisfaisants. C'est vrai que c'est parfois difficile à comprendre [les critiques, ndlr] ». Le manque de résultat ayant déjà été traité plus haut, passons au jeu. Car c’est bien là le point culminant des critiques envers le technicien de l’OL. Sans s’attarder sur des statistiques parfois trompeuses, on sait que c’est le contenu des matchs qui dérange une majorité de supporters lyonnais. Ne pas voir ce problème est assez… problématique et terriblement irrespectueux envers les fans sans qui le football ne serait rien.

4) Une sérénité qui le surprend

« Ma sérénité ? Oui, je me surprends parfois moi-même. Je garde dans l'ensemble cette sérénité et ce calme, même dans les moments difficiles. Je pense que c'est ce qui m'a permis de bien passer ces moments, depuis 3 ans et demi ». Encore faudrait-il accorder la réalité à ces déclarations égotiques. Ses mots sur le bord du terrain, son altercation avec Marcal lors d’OL-CSKA, sa chasse au sympathisant un soir de septembre ou ses saillies en conférence de presse, dont le fameux « Ça vous fait rire ? », trahissent une sérénité extrêmement relative.

Entre l’ogre barcelonais en C1, la coupe de France avec Rennes et probablement le PSG en finale, et le championnat où la deuxième place semble s’échapper, la fin de saison lyonnaise appelle à la sérénité, mais promet encore bien des incertitudes.

Suivez-nous sur Facebook