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Genesio le monoplan (ça passe ou ça casse)
20SEP

Genesio le monoplan (ça passe ou ça casse)

Ça plane pour Bruno Genesio depuis mercredi soir et le succès inespéré contre « l’ogre » Manchester City. Au point que moult commentateurs – y compris d’habituels soutiens, enclins à retourner leur veste il y a encore trois jours face au début de saison raté de l’OL – y sont vite allés de leurs couronnes de laurier. Méritées, ces couronnes ? Oui. Et non. Disons qu’il n’y a rien de bien nouveau sous le chaud soleil lyonnais de septembre.

L’entraîneur lyonnais brille volontiers contre les gros, il faut le dire. En revanche, son parcours est tragiquement mauvais contre « plus petit que soi ». On le sait. Les supporters lyonnais le savent. Et même la presse si prompte à lui trouver mille excuses ne saurait le nier. Du CSKA à Caen, de Nice à Guingamp en coupe de France, les couacs génésiens sont légion depuis près de trois ans. Pourquoi ?

Sans tomber dans un simplisme excessif, la vision du football de Genesio est à peu près aussi claire d’un coup franc pleine « lulu » de Juninho. Il l’a d’ailleurs exposée lui-même à maintes reprises : défendre, d’abord, contrer, ensuite, faire les efforts, toujours. Quand l’adversaire s’y prête, quand il a la possession et ne se méfie pas assez des flèches lyonnaises, et pour peu que la réussite s’en mêle un peu, tout baigne. Certes, ce n’est pas une règle absolue, le football étant une science fort inexacte. Les quelques défaites face au PSG dominateur (notamment dans les coupes) sont là pour le rappeler.

Hier, on ne donnait pas cher de l’OL face à City car la supériorité « sur le papier » des Mancuniens est manifeste. Oui, mais pour que cette supériorité s’exprime comme s’est souvent exprimée celle des Parisiens en L1, encore faut-il que quelques conditions soient réunies. Rafraîchie par le fiasco de ses protégés, la star Guardiola, subitement rétrogradée au rang de « petit Pep », s’est démarquée de son homologue en ne se cachant pas derrière son petit doigt : « Je suis content qu’on ait perdu car on ne méritait pas de gagner. […] J’ai fait les mauvais choix », a reconnu sans ambages le coach catalan. Bruno Genesio a parfaitement exploité les faiblesses adverses, en écartant Tousart, fatigué, en s’en remettant aux capacités de repli de Cornet, en musclant son entrejeu au point que Fernandinho a été inexistant. Il faut lui en donner crédit.

Le « hic », c’est que l’OL ne joue pas des gros toutes les semaines, et que la géniale inspiration de l’ancien technicien caladois a de sérieuses limites. Chez Bruno, pas vraiment de plan B. S’est-il fait violence l’an passé en restaurant le 4-4-2 losange qui lui a permis de finir sur le podium ? Pourquoi l’avoir abandonné ? Face au U stérile, les « petits » clubs de L1 sont à la fête. La muraille défensive est le pire ennemi des Lyonnais, celui sur lequel se fracasse trop souvent cette équipe incapable de créer des décalages, de combiner, de pratiquer un football qui nous semble si élémentaire au top niveau. Heureusement, il y a le talent, celui d’un Fekir, d’un Memphis, d’un Aouar, d’un Terrier. Un conglomérat de solistes, en somme, plus qu’un orchestre.

Ravie du retentissant succès de son membre éminent (le seul en C1 cette année, soit dit en passant), la corporation des entraîneurs tricolores n’a pas tardé à réagir. De Luis Fernandez à Christophe Galtier, elle ne parle que d’une voix. « Je suis très content pour Bruno, il fait du bon boulot depuis qu’il a pris l’équipe, il a des résultats top niveau », se réjouit le clairvoyant Der Zakarian...

L’antienne sur les supporters ingrats, voire méchants (rapport à l’incident de Confluence), n’a pas tardé à reprendre. Quelle leçon pour ces « sympathisants » bouffis d’orgueil qui n’y comprennent rien ! Le jeu est indigeste ? - Prière de revoir vos exigences à la baisse, nous ne sommes plus en 2008 ! Les célébrations de titre ont depuis longtemps déserté Bellecour et les Terreaux ? - Le PSG truste tout, cette disette est un trompe-l’œil ! Et l’on vous épargnera les plaidoiries aveugles et « copines » d’un Vendroux ou d’un Rouyer. Je le redis : accordons à Bruno le crédit qui lui est dû. Mais pas un centime de plus. Rendez-vous dimanche soir pour, espérons-le, une nouvelle démonstration implacable du plan A.

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