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Manchester City - OL : l’interview d’avant-match
17SEP

Manchester City - OL : l’interview d’avant-match

À l'occasion du déplacement à l’Etihad Stadium pour la rencontre entre Manchester City et l’OL, nous avons interrogé Ben Golding, rédacteur pour City Watch, un média de référence (144 000 abonnés sur Twitter) traitant de l’actualité des Skyblues.

https://www.mcfcwatch.com/

Quel est ton sentiment avant ce premier match de Ligue des champions contre l’OL ? Stressé ou confiant ?

Je sens qu’on va avoir droit à un super match mercredi ! Lyon est un club qui a le don de sortir des joueurs extrêmement doués et je crois qu’aucun de nous ne s’attend à une partie de plaisir. Vous avez trouvé le bon compromis entre les joueurs expérimentés et les jeunes pousses en devenir. On sait qu’on va devoir être tout de suite dans le bain pour pouvoir prendre la direction des opérations. City n’a pas encore affiché tout son potentiel et j’ai un peu peur qu’on se fasse piéger. J’espère que le fait de jouer la coupe d’Europe nous permettra de bien lancer la machine et de retrouver des Blues irrésistibles !

Benjamin Mendy et Sergio Agüero se sont tous les deux blessés ce week-end contre Fulham. Est-ce que tu penses que ça va jouer sur le rendement de City ?

Le risque avec ce genre de blessures précoces, c’est qu’elles fassent dérailler les plans de Pep Guardiola avant même s’ils aient été mis en place. Une équipe préférera toujours démarrer la LDC avec son meilleur onze, indépendamment de l’adversaire, donc avoir sans doute deux de nos meilleurs joueurs sur la touche dès l’entrée en lice, c’est un coup dur. Heureusement, City a montré la saison dernière qu’il pouvait se passer de Benjamin Mendy. Reste à savoir si son remplaçant habituel, Fabian Delph, ne sera pas indisponible lui aussi (il a également pris un coup contre Fulham).

Notre plus gros souci, c’est clairement l’absence de Sergio Agüero. Il est en pleine forme cette saison, au point que Gabriel Jesus doit se contenter d’une place d’attaquant de soutien ou de remplaçant, car le Brésilien n’a pas fait assez les efforts pour prouver qu’il mériterait de commencer à la place de l’Argentin. Si Agüero n’est pas apte mercredi, ce sera peut-être justement une occasion en or de briller pour Jesus. Il n’a pas l’instinct de « tueur » de Kun, mais collectivement, il est dangereux. Dans une équipe qui peut marquer d’à peu près n’importe où, ça peut compter si on veut gagner.

Dans cette phase de poules, City va croiser la route de coachs avec des philosophies très différentes : au Shakhtar, Fonseca privilégie le jeu en contre et aime miser sur l’offensive ;  Naggelsman (Hoffenheim) est très bon dans le coaching en cours de match, et Genesio préfère laisser ses joueurs de talent se débrouiller sans consignes précises. Lequel de ces adversaires redoutes-tu le plus ?

On serait tenté de dire que City a eu un tirage « facile » comparé aux autres clubs anglais, avec Tottenham dans le groupe de l’Inter et de Barcelone, et Liverpool dans celui du PSG et de Naples. Mais ce n’est pas parce que le Shaktar, Hoffenheim et Lyon ne font pas figure de vainqueurs potentiels qu’ils ne sont pas dangereux. Comme on dit, si tu rates ta prépa, les autres ne te rateront pas. Je sais que Guardiola est connu pour être méticuleux quand il prépare les matchs, mais c’est précisément pour ça que l’OL est l’équipe la plus dangereuse pour moi. Les équipes qui ont un profil tactique clair, tu les cernes bien et tu te prépares pour, mais quand tu laisses les joueurs faire eux-mêmes le jeu, en face, on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Ils sont tous capables de briller, et le fait d’affronter le champion d’Angleterre en titre est une occasion énorme de sortir du lot.

Y a-t-il un Lyonnais que tu crains en particulier ?

Les cadors comme Memphis Depay ou Nabil Fekir seront sûrement à l’aise au niveau européen, et les talents émergents comme Tanguy Ndombélé ou Ferland Mendy auront à coeur de se montrer. Mais il y en a un qui me rend malade, c’est Moussa Dembélé. Je sais qu’il n’a pas encore pris ses marques à Lyon, mais je n’ai toujours pas digéré les deux buts qu’ils nous a plantés avec le Celtic en 2016. S’il joue, je ne vais pas être tranquille, ça c’est sûr…

L’OL en Ligue des champions, ça t’évoque quel souvenir ?

Je dirais le 2-2 contre Manchester United en 2004. Vous aviez une de ces équipes à l’époque ! Je commençait tout juste à m’intéresser au foot, mais ce nul, je m’en rappelle bien. Dommage que vous n’ayez pas gagné, évidemment. Voir une équipe qui fait la nique à United, ça fait toujours plaisir.

As-tu entendu parler de notre entraîneur, Bruno Génésio, qu’on compare ironiquement à Pep Guardiola ?

Je l’ignorais avant qu’on approche de la date du match, mais ça m’a fait sourire quand je suis tombé sur cette comparaison après votre nul [à Caen, ndlr]. Dommage que je ne puisse rien dire sur la tactique de Genesio, mais j’adore ce surnom de « Pep Genesio » ! On va voir s’ils se ressemblent mercredi…

Pour en revenir au coach catalan, quel impact a-t-il a eu depuis son arrivée au club, d’après toi ?

Vu la saison qu’on vient de faire, je crois qu’il n’y a même pas de mots ! Avant Guardiola, on (les supporters de City) a pris le rachat du club par le cheikh Mansour en 2008 comme un rêve éveillé, alors qu’on n’était pas loin de la faillite. À partir de là, tout est allé de mieux en mieux. On a remporté notre premier trophée en 35 ans avec la FA Cup de 2011, et puis il y a eu le but de Sergio Agüero qui nous a offert notre premier titre en Premier League. Il a d’ailleurs recommencé deux ans après sous Manuel Pellegrini ! Ça permet d’écarter les critiques sur l’histoire du club vu que l'histoire, on continue de l’écrire en ce moment même.

Manchester City - OL : l’interview d’avant-match

C’est comme ça qu’on a pris la chose quand Pep Guardiola est devenu manager en 2016. L’histoire, elle était déjà là. On n’a pas juste fait venir une référence mondiale à Manchester et en Premier League ; on a mis la touche finale à une mutation de près de dix ans qui a fait de City l’un des meilleurs clubs d’Angleterre. Il a amélioré notre style de jeu pour en faire l’un des plus beaux qu’on ait jamais vus, il a abaissé la moyenne d’âge de l’effectif en faisant venir de jeunes joueurs hyper talentueux, et surtout, il a fait de City un club que les gens ont envie de voir. Franchement, on se pince encore pour être sûr que tout ça est bien vrai !

Pour finir, quelles ambitions nourrit City cette année en Ligue des champions ?

Faire honneur à nos couleurs. L’an passé, notre parcours incroyable a été en grande partie éclipsé par l’envolée de Liverpool, qui a été la première équipe à nous battre en janvier. À partir de là, ils ont eu une longueur d’avance. Guardiola a tellement décortiqué leurs attaquants qu’il en est arrivé à se demander comment Liverpool pouvait nous battre, plus que comment City pouvait gagner. Cette année, peu importe l’adversaire : pour être au top, il faut être meilleur que tout le monde, il n’y a pas de question à se poser. Le fait de rencontrer les meilleures équipes d’Europe permet de s’étalonner, mais à partir du moment où City pratique son meilleur football, on peut battre absolument n’importe qui.

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