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L'OL vu de l'Amérique
24OCT

L'OL vu de l'Amérique

Ah, les États-Unis d’Amérique… Souvent chantés, mis en scène ou racontés. Le football a, lui, toujours semblé détaché du mythe américain. Social Gones a donc décidé de voyager et d’étudier les rapports entre le foot, les Ricains et l’OL. Embarquement immédiat.

Quels liens entre football et États-Unis ?

 

Que ce soit le basket, le baseball ou le football américain, bon nombre de sports collectifs se sont développés outre Atlantique au point d’être à l’origine de tous les excès et de déchaîner les passions. Plus couramment appelé « soccer », le football a longtemps été un sport mineur, suscitant peu d’enthousiasme et ne possédant pas de championnat professionnel. Mais la tendance semble s’inverser. En effet, l’organisation de la Coupe du Monde 1994 a permis à tout un pays de découvrir le plus beau sport du monde, ses stars par dizaines et ses supporters par milliers. De plus, le tournoi a plus ou moins contraint les instances à créer une ligue professionnelle qui est rapidement devenue la MLS. Malgré cela, ce n’est qu’au cours de ces dernières années que le championnat s’est développé de manière considérable en voyant débarquer d’ex-gloires du football européen : David Beckham, Thierry Henry, David Villa, Andrea Pirlo, Kakà… Autant de grands noms qui ont cédé aux sirènes du rêve américain afin, pour la plupart, de terminer leur carrière dorée. De ce fait, les curieux ont pointé le bout de leur nez et les stades se sont petit à petit garnis. Ainsi, en 2016, la moyenne d’affluence en MLS était de plus de 21 600 spectateurs, soit plus qu’en L1 sur la même période ! En outre, les performances de la sélection nationale ont contribué à créer un engouement populaire, et notamment les deux dernières Coupes du Monde en Afrique du Sud et au Brésil. Le football féminin, qui est historiquement plus suivi, a également servi d’accélérateur avec en point d’orgue les différents JO et tournois mondiaux remportés par les coéquipières de Hope Solo.

 

Cependant, sans formation de qualité ni « talents locaux », difficile pour un pays d’exister sur la scène internationale, aussi nombreux soient les trentenaires en fin de parcours qu’il accueille. Ainsi, les universités n’hésitent pas à mettre l’accent sur le football, ni à aller chercher des talents à l’étranger alors qu’ils sont encore des adolescents. Et les modèles ne manquent pas : contacté par nos soins, l’administrateur de la page Facebook MLS Actus nous informe que la MLS « s’inspire et collabore avec la France. On connait la réputation de Lyon pour la formation, c’est un exemple ». De quoi donner des idées à JMA pour une future académie et/ou club partenaire ? Pour notre informateur « la MLS n’est pas encore un marché vers lequel des clubs peuvent se tourner pour dénicher des pépites. Le niveau y est bien plus faible et l’adaptation peut être difficile. » Pas encore un pays de foot, mais qui risque de bientôt le devenir...

 

 

Quelle place pour l’OL et la L1 ?

 

Si les suiveurs et amateurs de soccer sont de plus en plus nombreux, quelle est l’image de la L1 et de l’OL sur le sol américain ? Tout d’abord, comme partout sur le globe, le PSG est évidemment le club le plus populaire en Amérique du Nord et possède plusieurs fan clubs, le plus imposant se trouvant du côté de Montréal, au Canada. Les Rhodaniens, eux, se popularisent hors de l’Hexagone en grande partie grâce à leurs expatriés : c’est souvent sous leur impulsion que des groupes comme OL USA ou Les Gones de NY ont pu voir le jour, entraînant dans leur sillage des locaux et contribuant à démocratiser l’image de notre club favori.

Du reste, les relations américano-lyonnaises semblent avoir grandi avec l’interlude chez nous de Miss Alex Morgan. Le passage de l’actuelle joueuse d’Orlando entre Rhône et Saône a fait parlé du foot féminin comme jamais et attiré la curiosité. Véritable produit marketing, Morgan a vu le club organiser toute une campagne de communication et instaurer un nombre important de produits dérivés autour de sa personne. De plus, une Web série, Rendez-vous with Alex, a permis aux fans de la numéro 13 de la suivre dans son quotidien – essentiellement gastronomique, soit dit en passant. Si l’influence de la demi-saison d’Alex Morgan est difficile à mesurer, il est indéniable que cela a constitué un véritable coup de projecteur pour le club.

Toujours du côté des fenottes, les exils de Camille Abily puis, plus récemment, d’Amandine Henry ont éventuellement pu populariser l’OL, à moindre échelle.

Chez les garçons, les déplacements estivaux à New York en 2012 et Montréal en 2015, à chaque fois dans le cadre du Trophée des Champions, ont été les seuls éléments marquants d’une relation assez limitée, pour l’instant, avec l’autre côté de l’Atlantique. On peut toutefois noter la venue du célèbrissime Clint Eastwood en 2009 au Stade de Gerland pour un passionnant OL-Sochaux, lamentablement perdu par les hommes de Claude Puel (0-2).

Et notre confrère de MLS Actus de conclure : « Un certain nombre d’anciens joueurs de L1 ont débarqué en MLS comme Ciani, Alessandrini ou Bedoya. Difficile de dire comment l’OL est perçu car c’est surtout le PSG qui attire la lumière avec ses stars ».

Comment améliorer ces relations franco-américaines ?

 

Pour renforcer les échanges footballistiques, plusieurs choses semblent s’imposer. L’arrivée d’investisseurs est l’une d’entre elles. À l’image de Mc Court et de son Champion’s Project, ils sont susceptibles d’amener une culture et une vision différentes des nôtres. Si ceux-ci sont très nombreux chez nos amis britanniques, ils restent très minoritaires dans le reste de l’Europe.

La conjoncture semble plutôt donner la priorité aux marchés chinois et asiatique, comme le montre l’arrivée à hauteur de 20 % d’un fond chinois dans le capital de l’OL. Du côté de la LFP, les futurs horaires de diffusion entendent séduire les passionnés de ballon rond de l’empire du Milieu, plus que ceux des « States » où le football est pourtant en pleine expansion...

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