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GRÉGOIRE MARGOTTON : L’INTERVIEW EXCLUSIVE (6e partie)
14JUN
  • Publié le 14/06/2018 à 15:43 par Hugo B

GRÉGOIRE MARGOTTON : L’INTERVIEW EXCLUSIVE (6e partie)

« J’ai une bonne étoile au-dessus de ma tête. Ça peut s’arrêter demain, vous pourrez dire que j’en ai bien profité, et surtout que j’ai eu toutes les chances du monde. »

Note : cette interview a été réalisée le mercredi 1er novembre 2017 et ne tient donc pas compte des événements postérieurs à cette date.

Partie 6 : ses autres sports, ses rencontres, ses interviews

Dans cette sixième et dernière partie, Grégoire Margotton nous parle de sa découverte du handball à l’occasion du Championnat du monde masculin de 2017, mais aussi de basketball, de son rapport au sport en général, des rencontres qu’il a pu faire, et notamment d’Aimé Jaquet, pour qui il garde une affection particulière.

GRÉGOIRE MARGOTTON : L’INTERVIEW EXCLUSIVE (6e partie)

Le handball, le basketball et les autres sports

(Sur son choix d’accepter de commenter le handball) « Quand je sais que j’ai des limites, que je n’y arriverai pas, que je ne servirai pas le sport, […] que ce sera contre-productif […], je ne le fais pas. »

Je l’avoue facilement, j’étais plus basket, et quand on est basket, bêtement, on n’est pas très hand. J’ai rarement vu les deux ensemble, rarement vu des gens aimer les deux chapelles. Je regardais comme tout le monde les quarts de finale, les demi, les finales mondiales, olympiques, les Barjots, les Experts, etc., mais je n’allais pas à Coubertin regarder un match du PSG Hand. Depuis [qu’il a commenté la Coupe du monde de handball pour TMC/TF1, ndlr], j’y vais. Je n’allais pas voir les matchs de hand, je n’allais pas regarder les matchs sur beIN, c’est clair. Mais à partir du moment où j’ai accepté – parce que j’aurais pu refuser – de faire ce truc-là, je suis tombé dedans et ça m’a vraiment plu.

J’aurais pu refuser. Quand je sais que j’ai des limites, que je n’y arriverai pas, que je ne servirai pas le sport – non pas que ça ne se retournera pas contre moi, parce que ça je m’en fiche – mais que ce sera contre-productif de m’utiliser pour quelque chose de précis, je ne le fais pas. Depuis, je regarde. L’autre jour, je suis tombé sur Aix-Montpellier, j’ai regardé quelques minutes. Et puis j’espère surtout que je vais commenter le Championnat du monde féminin [interview réalisée avant le mondial de handball féminin 2017, remporté par les Françaises contre les Norvégiennes, ndlr]. Ça dépend des Bleues. Si les filles sont en quart de finale, je ferai le quart de finale ; si les filles sont en demi-finale, je ferai la demi-finale. Ça dépend d’elles. C’est en décembre en Allemagne, j’ai plein de trucs à faire d’ici là, des interviews, mais je vais m’y mettre vraiment un mois avant et comme les mecs, je vais beaucoup bosser.

GRÉGOIRE MARGOTTON : L’INTERVIEW EXCLUSIVE (6e partie)

Je vais aller voir le dernier tournoi amical à Coubertin avec ma consultante. Je me suis enregistré plein de matchs que je vais me regarder tranquillement quand j’aurai le temps, et comme d’habitude, je vais me faire plein de fiches, sur chaque joueuse, sur l’histoire du hand féminin. J’en connais les grandes lignes maintenant que je suis tombé dans le hand. Je ne me suis pas intéressé qu’au hand masculin. J’ai rencontré, discuté avec des filles, des championnes du monde 2003, voilà. Mais ça me demandera beaucoup de boulot et c’est ce qui me plaît aussi. Je sais qu’en m’y mettant sérieusement, et parce que maintenant j’aime ça, je vais prendre beaucoup de plaisir. Et à partir du moment où on prend du plaisir, en général, on s’en sort à peu près.

Le hand, j’avoue qu’à 20 ans, je l’aurais refusé en me disant que je n’étais pas légitime. À 47 ans, j’ai accepté parce que je me suis dit : « Allez, fais-toi plaisir et essaye de le faire bien ». Je pense que j’ai accepté aussi parce que dès que j’ai commencé à les rencontrer, les gens du hand m’ont dit qu’ils étaient très contents que TF1 fasse ça, vraiment super heureux que ce soit exposé comme ça l’a été. Ils m’ont vachement bien accueilli. [...]

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Le basketball

« Je souhaite que Frank Ntilikina fasse quelque chose de bien parce qu’il a beaucoup de talent et que ce serait grand qu’après Parker, un gamin à ce poste-là se fasse une place dans une grosse franchise NBA… »

Je m’y suis remis. J’avoue que j’ai beaucoup décroché du basket français. Je regarde les résultats bien sûr, je regarde l’ASVEL, mais je suis pas dedans… J’ai été beaucoup dedans il y a 20 ans, 15 ans, comme la NBA. J’avais un peu décroché de la NBA, mais je m’y suis remis. Je m’y suis remis parce que je trouve que beIN travaille très bien. En gros, c’est la même équipe que ce qu’il y’avait à Canal avant, à deux ou trois exceptions près, mais ce sont les mêmes commentateurs, les mêmes consultants, donc ils bossent vraiment bien, et je trouve que leur équipe fait du bon boulot. C’est entre autre pour ça que j’aime regarder la NBA. Et puis parce qu’il y a une période sympa en NBA. Je suis tout le monde.

J’ai eu des équipes de cœur quand j’étais gosse. Je n’ai jamais aimé les Lakers, ne me demandez pas pourquoi. J’aime beaucoup Magic Johnson, mais ce n’était pas mon joueur préféré. Le show des Lakers ne m’a jamais touché. Je suis plus Conférence Est, à la limite. J’ai adoré les Bulls, évidemment. J’aimais bien Orlando quand il y avait Shaq et Hardaway. J’aime bien les Knicks, ce qui tourne autour des Knicks. Je souhaite que Frank Ntilikina fasse quelque chose de bien parce qu’il a beaucoup de talent et que ce serait grand qu’après Parker, un gamin à ce poste-là se fasse une place dans une grosse franchise NBA… Je suis ça, je suis les étrangers, je suis les finales, même les Playoffs. J’avoue que pendant la saison régulière, il m’arrive de mater quelques matchs en complet, mais c’est rare. Cela dit, ça m’intéresse, comme plein de trucs.

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Les athlètes qui l’ont marqué en NBA

« Michael Jordan, et puis un petit peu Michael Jordan, et encore un tout petit peu Michael Jordan. »

Michael Jordan, et puis un petit peu Michael Jordan, et encore un tout petit peu Michael Jordan. Mais il y en a plein. J’adorais Isiah Thomas, j’adorais Joe Dumars, j’adorais même Hardaway et Grant Hill. Ce sont de beaux joueurs. J’adorais Jason Kidd. Quand ce sont des garçons que j’ai eu la chance de regarder de très, très près dans une salle d’entraînement des veilles de All-Star Game, où il y a 15 personnes dans la salle et que vous êtes juste là pour les regarder, sans pression, sans interview ni de choses comme ça, c’est le bonheur, parce que ce sont vraiment des magiciens, des grands sportifs. Moi, ça me touchait parce que je sais un peu ce que c’est le basket, je sais ce que ça demande comme qualités, comme travail.

Je ne suis pas plus sensible que ça aux pivots, mais j’ai de grands souvenirs de Shawn Kemp, ce genre de pivots élastiques. Même David Robinson. J’aime les légendes, les grosses statistiques, les Dream Team 1 et 2, donc j’aime Pat Ewing… Voilà, il n’y a pas de joueurs en particulier, mais c’est vrai que j’étais très NBA à la fin des années 80 et toutes les années 90. Là, j’y reviens un petit peu. Je ne suis pas fan de James Harden – mon fils est un fan absolu, moi pas.

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Je trouve que nos deux compères – enfin deux, même s’ils sont plus que deux, c’est deux, trois, voire quatre, très forts – à Golden State sont incroyables. LeBron James, ce n’est pas le style que je préfère, il y a un petit peu trop d’épaules pour moi, mais c’est un joueur extraordinaire. [...]

 

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Son intérêt pour le sport en général

« […] l’éclectisme du sport me permet […] de faire voyager mon cerveau comme j’aime le faire voyager. »

Je suis capable de regarder un tournoi de golf pendant deux heures alors que je ne joue pas au golf. Je suis capable de regarder un tournoi de sumos pendant deux heures, comme je suis capable de m’arrêter deux heures devant un programme qui parle de tout autre chose que du sport. Mais l’éclectisme du sport me permet déjà de faire voyager mon cerveau comme j’aime le faire voyager.

J’essaie de regarder de la NBA, du handball, féminin et masculin, de la F1, du tennis, bref du sport. Évidemment, je ne peux pas tout voir, et en plus, j’ai très peu de mémoire. [...] Je garde des impressions, c’est surtout ça, en fait. J’ai des collègues qui ont une mémoire absolument analytique, d’ordinateur. Moi, je n’ai aucun souvenir. J’ai des copains qui savent exactement le nombre de matchs qu’ils ont commentés, alors que moi, je n’en ai aucune idée. Je me souviens à peine du premier...

GRÉGOIRE MARGOTTON : L’INTERVIEW EXCLUSIVE (6e partie)

Après, il y a des sports que je n’ai jamais abordés complètement parce que je n’ai jamais franchi le pas pour en connaître vraiment les règles. J’avoue que le baseball et le football américain sont des choses qui ne me passent pas au-dessus – je suis capable de regarder un Superbowl avec grand plaisir, et comme je comprends 70 % de ce qui se dit, j’arrive à suivre, plus qu’en baseball, déjà – mais voilà, ce sont quand même des trucs qui me sont passés un peu au-dessus de la tête.

Et le rugby, c’est pareil. Je ne commenterai jamais du rugby. J’adore ça, je comprends les règles [...] mais je ne pourrai jamais commenter un match de rugby, ça fait partie de mes limites. Je peux commenter du tir à l’arc en travaillant beaucoup. [...] Le rugby, il faut une histoire personnelle avec ce sport, il faut du temps. En plus, je serais le mec du foot qui fait du rugby, ça ne passerait pas ça. En France, ça ne passerait pas. Je ne serais pas légitime.

GRÉGOIRE MARGOTTON : L’INTERVIEW EXCLUSIVE (6e partie)

Rencontrer des sportifs

« J’ai eu de la chance et ça continue. »

Tous les sportifs m’ont marqué. J’ai fait des rencontres d’athlètes, en athlétisme, de vrais athlètes, extraordinaires. Des gens comme Bob Tahri, qui courent des 5 000, des 10 000, qui font du sprint, qui sont adorables, qui bossent et qui sont vraiment des phénomènes. Côtoyer des sportifs comme ça, c’est très enrichissant. Et puis, de temps en temps, il y a un gros con (rires). Ça arrive. [...] C’est rare, mais c’est très choquant. Ça me fait dire des fois : « Ah merde, on peut pas tout avoir », quoi. [...]

Je ne juge pas les gens. Je ne peux pas dire que quelqu’un est un tout petit homme quand je ne l’ai rencontré que 15 ou 20 fois. Et puis mon but n’est pas de devenir ami avec des sportifs. Ça ne l’a jamais été. Mais quand même, le comportement de quelqu’un, et ce que disent ses proches et les autres sportifs, de ce quelqu’un, au bout d’un moment, il y a un faisceau de présomption qui est tellement fort… Ça m’est arrivé et, en même temps, je me dis que cette personne-là en particulier, je ne l’aimais pas forcément avant, déjà. Il faut croire que j’avais du pif et que je sentais un risque de « désagréabilité ».

GRÉGOIRE MARGOTTON : L’INTERVIEW EXCLUSIVE (6e partie)

Une personnalité que j’aurais aimé interviewer ? Non, je ne raisonne pas comme ça. Je n’ai pas besoin d’interviewer ou de rencontrer… Parfois, le fait de simplement rencontrer quelqu’un me suffit, même à la télé, comme tout le monde. Je ne suis pas dans le « tiens, toi, je vais t’interviewer ». Si j’arrive à croiser quelqu’un un jour, c’est bien. Si je le vois faire son boulot de sportif à la télé, c’est encore mieux. [...]

On peut en trouver plein, des grands ou des moins grands, qu’on n’a pas pu accompagner… Mais en foot, j’ai quand même eu la chance de faire beaucoup de choses, et j’ai commenté avec Aimé Jacquet une finale de Ligue des champions entre le Milan AC et Liverpool à Istanbul, et rien que celle là était magnifique. Là, j’ai sous les yeux un plan large du nouveau Wembley et je me dis : « T’as de la chance, toi, t’étais à l’inauguration au premier match à Wembley, et t’as eu de la chance parce que t’as commenté une bonne dizaine de matchs dans l’ancien Wembley, des finales de Cup… »

Certains vous diraient qu’il y a de quoi écrire un bouquin. Moi, je ne pense pas qu’il y ait de quoi écrire un bouquin. Mais rien que l’histoire de Canal, l’histoire de ce service des sports et de comment ça s’est fait, je pense que ça intéresserait plein de gens. On se dit souvent ça avec David Berger, avec mes potes : « Tu te rends compte, si on écrivait un bouquin ? Il y aurait des choses à raconter ». Et pas simplement sur Canal, mais sur le journalisme de sport dans les médias des années 80-90-2000. Ça a vraiment été une époque étonnante. J’ai eu de la chance et ça continue.

Son affection pour Aimé Jacquet

« Il est gentil, il est simple, il est humain et, en même temps, il est torturé, il est habité, il est passionné, il est fragile… J’adore cet homme-là […] »

Quand celui qui vous inspirait déjà par son palmarès, par ce qu’il dégageait quand vous ne le connaissiez pas, multiplie par 10 ce que vous imaginiez au moment où vous apprenez à le connaître, vous êtes un peu obligé d’avoir, au pire de l’admiration, au mieux une empathie absolument totale. Je suis fan de cet homme-là. Je souhaite à tous les enfants du monde d’avoir cet homme-là comme grand-père, ce type-là comme père. Il est gentil, il est simple, il est humain et, en même temps, il est torturé, il est habité, il est passionné, il est fragile… J’adore cet homme-là et j’ai adoré, pas forcément commenter, mais passer du temps avec lui autour des matchs.

Je repense très souvent à un match, à Rome. On devait faire un Roma-Manchester United, il y a une dizaine d’années – ça devait être en 2006-2007 ou 2008 – et je me souviens de cet après-midi tous les deux à boire des cafés dans les vieilles rues de Rome et à discuter de la vie. Ce sont vraiment de grands moments. Si vous demandez la même chose à David Berger, qui a passé un mois avec lui en Afrique du Sud à faire des trajets entre les stades en voiture et en avion, il vous dira qu’il a passé un mois extraordinaire. Il s’en souviendra toute sa vie, David, c’est évident. Parce que vous rencontrez quelqu’un qui ne mérite que de l’admiration. Voilà.

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