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L'heure du bilan...
03JUN

L'heure du bilan...

La saison 2017/2018 à présent dans le rétro, il est temps de faire le bilan de ces longs mois passés à supporter notre équipe, afin d'en tirer les enseignements nécessaires pour l’an prochain.

Si, parmi les supporters, beaucoup critiquent le collectif et la tactique mise en place par Bruno Genesio, l'aspect individuel a souvent été intéressant. Que ce soit avec l'excellente fin de saison de Memphis, achevée par un triplé contre Nice qui permet à l’Olympique Lyonnais de retrouver la Ligue des champions l'année prochaine, les buts à la dernière minutes du Néerlandais contre le Paris Saint-Germain et Marseille, ou les performances magistrales de Nabil Fekir en début de saison (on se rappelle tous son coup franc magique dans les dernières secondes du match face à Monaco), l’OL a pu célébrer ses héros tout au long de la saison. Voici donc un petit bilan des performances individuelles de cette saison.

Aux cages, Anthony Lopes a répondu présent dans les rendez-vous majeurs de l’année et n'a jamais eu grand-chose à se reprocher. Formé au club, il porte haut les couleurs de l'Olympique Lyonnais, et sa mentalité de guerrier est importante pour pousser le groupe à ne rien lâcher. Mais cette hargne ancrée en lui peut lui jouer des tours, comme lors des incidents à Marseille, ce qui nuit malheureusement à sa réputation… Une plus grande maîtrise de lui-même en dehors du terrain pourrait lui être bénéfique la saison prochaine. Derrière, Mathieu Gorgelin a réalisé une prestation tout juste correcte lorsqu'il a eu à remplacer Anthony Lopes, suspendu.

En charnière centrale, après avoir eu du mal à se forger une stabilité lors des saisons précédentes, Bruno Genesio semble finalement avoir trouvé la clé. Le duo Marcelo-Morel s'est montré complémentaire et a gagné en solidité au cours de la saison. Mais cette assurance s'est vite craquelée lorsque l'un des deux n'était pas aligné au coup d'envoi, à l'image du match à Strasbourg où Diakhaby a remplacé Marcelo, suspendu, et s'est illustré par une performance peu flatteuse. La défense lyonnaise a également trop souffert en contre cette saison, comme l’an passé, du reste. Un renfort à ce poste pourrait donc être utile cet été. Les noms de Mamadou Sakho et Eliaquim Mangala ont notamment été évoqués.

À droite, le jeu de la concurrence a longuement opposé Rafael à Kenny Tete. Malgré le début de saison intéressant du Néerlandais, qui avait notamment réalisé une très bonne prestation face à Neymar au Parc des princes, c'est finalement Rafael qui s'est imposé comme titulaire en fin de saison. Le Brésilien est notamment le joueur lyonnais qui a réussi le plus grand nombre d'interceptions en Ligue 1 (1,8 par match). Avec l'arrivée cet été de Léo Dubois, l'OL risque cependant de devoir se séparer de l'un de ses défenseurs droits. Alors qui conserver ? Si la jeunesse fait pencher la balance du côté de Tete, l'expérience de Rafael et sa bonne fin de saison équilibrent le débat.

À gauche, même cas de figure. Marçal et Ferland Mendy, tout deux arrivés l'été dernier, se sont tirés la bourre toute la saison. Et si le Brésilien était le choix numéro un du coach lyonnais en début d’exercice, Mendy a rapidement pris l'avantage dans le duel entre les deux latéraux, confirmant rapidement tous les espoirs placés en lui. Marçal n'a plus été titulaire depuis le mois de mars et sa sortie face au CSKA Moscou, où il avait exprimé son désaccord avec Bruno Genesio un peu trop vivement. Avec le retour des multiples compétitions la saison prochaine, le Brésilien devrait normalement retrouver du temps de jeu.

Au milieu, Lucas Tousart a réalisé un très bon travail devant la défense. Travailleur de l'ombre, souvent peu mis en avant, le milieu défensif lyonnais a su prendre la suite de Maxime Gonalons sans difficulté, jusqu’à presque faire oublier l'ancien capitaine des Gones. Il a cependant parfois manqué de régularité.

Dernière recrue lyonnaise lors du mercato estival, Tanguy Ndombele a impressionné pour sa première saison en Ligue 1. Très complet, le milieu de terrain a su apporter de la vitesse et de la percussion au jeu lyonnais, alliant technique, physique et vision du jeu. Il a notamment brillé par son jeu de passes (88 % de passes réussies, 11 occasions créées). Courtisé par plusieurs clubs, le joueur français de 21 ans devrait cependant être conservé par le club. Il sera sûrement, avec Houssem Aouar, l'un des joueurs clés de la saison prochaine.

L’autre milieu de terrain qui a découvert la Ligue 1 en tant que titulaire régulier cette saison, et qui a vite fait oublier son jeune âge, c’est Houssem Aouar. Le numéro 8 semble marcher sur les pas de ses prédécesseurs Tolisso et Juninho. Séduisant par sa qualité de passe, sa vision du jeu, sa simplicité et sa combativité (6,8 duels remportés par match en L1), il est déjà suivi par les plus grands clubs de la planète. Sa capacité à éliminer les adversaires grâce à ses dribbles (2,6 dribbles réussis par match en L1) est également très intéressante. Homme du match au Vélodrome face à Marseille, celui qui a déclaré plus tard avoir joué ce match encore malade a montré qu'il savait répondre présent dans les grands rendez-vous. Dernière pépite sortie du centre de formation de l’OL, l’ex-Villeurbannais compte bien exploser à Lyon, pour le plus grand bonheur des supporters.

Arrivé cet été, Pape Diop n'a pas eu le temps de jeu suffisant pour faire ses preuves. Il aura sûrement à cœur de confirmer son potentiel la saison prochaine, s’il est épargné par les blessures. De son côté, Jordan Ferri n'a jamais réussi à se montrer lorsqu'il a eu du temps de jeu (hormis peut-être face à Nice), et malgré son attachement au club, un départ cet été paraît probable.

La plus grande satisfaction lyonnaise de la saison vient bien sûr de la meilleure attaque de l'histoire du club, avec 87 buts en championnat. Il faut dire que les occasions lyonnaises sont souvent allées à leur terme grâce à des exploits individuels. Et le premier à avoir montré le chemin d'une attaque impressionnante est bien entendu notre capitaine, Nabil Fekir. Auteur d'un début de saison remarquable, il a véritablement porté le jeu lyonnais et s’est retrouvé impliqué sur une grande partie des buts de l'OL.

Un peu plus discret statistiquement parlant en fin de saison, il a cependant grandement participé au jeu de l'équipe, ce qui lui a permis de décrocher sa place pour la Coupe du monde en Russie avec l'Équipe de France. Bien qu’il soit annoncé sur le départ, notamment pour Liverpool, dernier finaliste de la Ligue des champions, l'OL espère le conserver. Au-delà de ses très bonnes performances, Nabil est aussi un joueur très important dans le cœur des supporters lyonnais en tant que joueur formé au club, et ce plus encore plus depuis qu'il porte le brassard.

À droite, Bertrand Traoré à réalisé une bonne saison pour sa première en L1, même s'il s'est montré légèrement en dessous de ses coéquipiers en attaque. Après un bon début de saison, sa progression a été freinée par une blessure cet hiver, et s’il a mis un peu de temps à retrouver son niveau, il a réalisé une très bonne fin d’exercice, participant grandement avec Memphis à la qualification de Lyon en Ligue des champions. Il devrait encore progresser la saison prochaine, à condition de conserver sa place de titulaire après le mercato.

Memphis a, lui, réalisé une saison pleine à tous les niveaux. Meilleur buteur et meilleur passeur du club en Ligue 1, il a aussi su gagner sa place dans le cœur des supporters. Ses buts face à Marseille et Paris synonymes de victoire lyonnaise dans les derniers instants ont fait vibrer tout le peuple gone. Si on pouvait lui reprocher un manque de maturité et un excès d'individualisme en début de saison, il semble avoir progressé dans ce domaine et être devenu beaucoup plus efficace. Quoique certains clubs étrangers (on parle des deux Milan) aimeraient l'attirer dans leurs filets, le Néerlandais devrait rester au club au moins une saison de plus pour confirmer. Reste à savoir s’il sera positionné à gauche comme en début de saison, ou dans l'axe où il a tout bonnement « cassé la baraque ».

Dans l'axe, justement, Mariano Diaz est l'un des joueurs qui suscitent le plus de débats. Avec 18 buts pour sa première campagne en Ligue 1 (1 but toutes les 139 minutes en moyenne), l'ancien joueur du Real s'est révélé comme un véritable buteur, fort d’une capacité à marquer dans toutes les positions. Mais son jeu individualiste et ses nombreuses occasions gâchées, précisément, par manque d’altruisme lui ont souvent valu les reproches des supporters et des journalistes. Et même s’il est important de pouvoir compter sur un joueur capable de « planter » régulièrement, son profil ne facilite pas le développement d'un jeu agréable, que l'on a trop peu vu à Lyon cette saison.

Souvent remplaçant, Maxwell Cornet s’est rarement illustré par de grandes performances. Malgré quelques bonnes rentrées et un remplacement correct de Bertrand Traoré cet hiver, il n'a toujours pas réussi à s'affirmer comme un bon joueur à l’Olympique Lyonnais, et son match raté face au CSKA Moscou en coupe d'Europe a encore creusé le fossé entre lui et les supporters.

De leur côté, Myziane Maolida et Amine Gouiri n'ont pas eu un temps de jeu suffisant pour réellement s'exprimer, notamment le second, trop rarement aligné. Le premier, qui a fait quelques entrées, a fini par disparaître de la rotation, payant peut-être une certaine nonchalance. Gageons qu’ils auront un peu plus l’occasion de se montrer la saison prochaine et que l’on pourra surveiller leur progression.

Conclusion

Le bilan individuel de l'équipe, bon dans l'ensemble, ne permet pas d'expliquer les désillusions dans les coupes nationales et en Ligue Europa. Et si Jean-Michel Aulas a annoncé le maintien de Bruno Genesio sur le banc en 2018/2019, il va falloir que l'entraîneur lyonnais se remette en question et privilégie notamment plus de travail collectif. Avec le départ probable de Fekir, et malgré l'arrivée annoncée d'un « très grand nom », il est difficile d'imaginer l’OL faire beaucoup mieux individuellement la saison prochaine. Espérons donc que l'on pourra observer une nette amélioration collective, et même, pourquoi pas, davantage de beau jeu. Bref, le retour d'une véritable philosophie de jeu lyonnaise.

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