FCN – OL : La victoire et puis c’est tout ?

FCN – OL : La victoire et puis c’est tout ?

7 juillet 2021 0 Par Amine.H

Drôle de match à la Beaujoire, ce dimanche 19 avril, avec une victoire des Lyonnais 2 buts à 1. Dans un week-end où la défaite signifiait sûrement la fin des espoirs de titre (voire de Ligue des champions), un OL à deux visages assure l’essentiel et repart de Nantes avec les trois points. Convaincants et sereins pendant 45 minutes, les Gones laissent toutefois leurs supporters sur une note amère, à l’issue d’une deuxième période amorphe et sans relief. Décryptage.

La première mi-temps lyonnaise fut plutôt bonne : pas de quoi sauter au plafond, mais une partie globalement maîtrisée, disputée sur le rythme proposé par les joueurs de Garcia, avec deux buts à la clé. Plusieurs facteurs expliquent cette bonne période, dans la lignée d’une partie du match plutôt rassurant face à Angers (victoire 3-1). D’abord, le choix des hommes était le même qu’il y a une semaine, dans un 4-2-3-1 assez mouvant en attaque autour de son quatuor Paqueta-Toko-Slimani-Memphis. Le positionnement haut du Brésilien permet au capitaine lyonnais d’être trouvé dans les zones décisives, comme l’illustre le premier but. Slimani, le point d’appui qui a manqué à l’OL à plusieurs reprises en cette année 2021, n’a pas brillé individuellement, mais a rappelé que sa simple présence est un apport : sa générosité dans les courses et le duel fait un bien réel à son équipe.
Il est d’ailleurs le premier à déclencher le pressing, jamais avare d’efforts, et il est l’illustration de ce retour de la pression qui avait manqué aux Lyonnais. Que ce soit à Rennes, à Marseille ou à Paris, l’OL avait montré son étrange manière de rester passif en bloc médian – cela fut plus criant encore lors des deux premiers matchs cités où l’adversaire ne savait pas vraiment quoi faire du ballon. Ce dimanche soir, face à des Nantais qui ont d’abord cherché la profondeur, l’approche lyonnaise fut bonne, dans le sillage de Caqueret dont l’apport dans le pressing n’est plus une surprise. À ses côtés, un Bruno Guimaraes un peu faible – disons, timoré – assurait l’essentiel en garantissant un certain équilibre. Enfin, Toko sut comme lors de la première période face à Angers, utiliser à bon escient ses qualités naturelles, en cherchant la profondeur très souvent par ses déplacements libres sur la largeur. Une deuxième mi-temps difficilement compréhensible
Mais tandis que le match semblait tranquillement embarqué, avec un avantage acquis rapidement, l’OL a décidé de se compliquer la tâche en deuxième période. Il faut d’abord toucher un mot de l’attitude de Nantes, dont l’évolution fut claire, avec un bloc placé plus haut, plus d’agressivité au duel, et une meilleure utilisation du ballon. Cela ne peut toutefois expliquer le tournant pris par les Lyonnais. Exit le pressing, les Rhodaniens revenant à leur apathique bloc médian, laissant parfois les Nantais multiplier les transmissions tranquilles : face à une équipe en plein doute et dont les jambes tremblent, il faut savoir abréger le suspense plus clairement. Guimaraes ne réussissait pas à accentuer la dangerosité de ses passes, Caqueret sortait trop seul pour « chasser » le porteur, et le bloc reculait. Devant, Toko se montrait frustrant, d’autant plus que l’approche lyonnaise pouvait laisser penser à une mise en valeur de ses atouts : face à un bloc nantais plus haut, sa vitesse et ses appels auraient pu (dû) faire mal, mais il accumula les mauvais choix, les erreurs techniques et les derniers gestes ratés. Toujours aussi généreux, Slimani ne pouvait plus mener le pressing dans une équipe ayant globalement abandonné cette idée, et l’on put malheureusement se concentrer davantage sur l’insuffisance des ballons qu’il toucha, ne parvenant que trop rarement à trouver le décalage nécessaire.Garcia offrit aux supporters lyonnais une fin de match dans sa plus pure tradition, avec les entrées successives de De Sciglio en faux pied, de Mendes et de Diomandé, illustration d’une équipe qui voulait avant tout assurer son résultat face à la pression de ce qui est, rappelons-le, l’avant-dernière équipe du championnat. On peut alors une nouvelle fois se poser la question de la gestion de certains joueurs, dont l’apport aurait pu être véritable dans la fin de match lyonnaise. Si l’on peut voir dans l’entrée de De Sciglio la volonté de sécuriser un côté, Bard, par sa qualité dans l’élimination et la personnalité avec le ballon, aurait pu permettre aux Lyonnais de repartir plus sereinement de leur ligne défensive. De même, Rayan Cherki aurait sûrement apporté de la technique dans les sorties de balle, et ses facilités en un-contre-un auraient pu faire très mal face à des Nantais plus découverts. Drôle de match, donc. Tantôt sereins, tantôt craintifs, les Lyonnais ne rassurent pas spécialement, mais de vraies pistes pour la fin de saison semblent d’un autre côté se valider.
Reste à Garcia et ses hommes de prouver à leurs supporters que leur vrai visage est celui offert lors des premières mi-temps de ce soir et du match face à Angers : le choc au sommet à Lille, le week-end prochain, ne pardonnera pas les périodes creuses.